Adrar

FESTIVAL D?ALGER



La troupe d?Adrar « remerciée et humiliée » Emmitouflée dans un foulard orangé, le regard fixe et la posture droite, Mme Melouki Fatma a cette aura qui caractérise les gens du Sud. Venue à la rédaction du journal pour que cesse « cette situation de hogra », elle contera ses mésaventures avec les responsables locaux de la commune d?Alger-Centre sans feindre la détresse, sans ajouts ni fioritures. Digne, Mme Melouki veut juste rentrer chez elle. A Adrar. Comme l?année dernière, elle et beaucoup d?autres jeunes femmes et hommes du Sud du pays ont fait le déplacement jusque dans la capitale pour participer au Festival d?Alger, qui se tenait du 4 août au 2 septembre 2004. Invités par les responsables locaux d?Alger-Centre, il s?agissait d?avoir un panel représentatif de toute l?Algérie. Les gens d?Adrar tel que Mme Melouki devaient colorer le festival et apporter une touche africaine haute en image et en odeur. C?est ainsi que la dame, tous frais payés, embarque pour la capitale emportant avec elle tout ce qui fait un peu de son Sud, de sa ville, de ses palmiers et de sa terre. « La première quinzaine, nous avons été convenablement reçus et participions au festival comme il a été prévu. La télévision algérienne, et même étrangère, nous avait filmés ». Pas mécontentes d?être passées à la télévision, les personnes qui l?accompagnent ne regrettent pas leur contribution au festival. Il reste encore une petite quinzaine et de toute façon le temps est plus clément dans le nord. Mais cette petite quinzaine de jours va s?avérer être la plus longue de leur vie. Sans préambule aucun, ils seront jetés hors de l?hôtel qui les avait hébergés. Les responsables locaux de la commune d?Alger qui s?étaient engagés à pourvoir à leurs frais de restauration, hébergement et transport avaient retourné leur veste. « Après nous avoir pavanés devant les caméras comme des objets de cirque et lorsqu?on n?a plus besoin de nous, on nous jette comme des malpropres », s?exclame Mme Melouki. Elle se retrouve ainsi dans les rues d?Alger avec deux jeunes filles et deux autres jeunes hommes à errer. La nuit venue, ils élisent domicile en bas des marches de la Grande-Poste comme si la bâtisse, par son charisme, pouvait les protéger des bandits en tout genre. « Dieu merci, des membres du bureau du RND nous ont partiellement pris en charge et nous assurent un minimum de nourriture et un toit convenable », déclare Mme Melouki. Et de continuer : « Je suis retournée voir les responsables locaux de la commune d?Alger pour qu?ils respectent leur engagement, mais ils m?ont rétorqué que je pouvais crier autant que je le voulais et qu?ils étaient protégés par la Présidence. » La petite dame d?Adrar n?en demande pourtant pas autant. Elle veut rentrer chez elle, dans sa ville, retrouver sa famille. « S?ils ne peuvent nous prendre en charge, qu?ils nous ramènent chez nous. Ils veulent me faire croire qu?ils sont protégés par la Présidence mais, moi, je crois que le Président ne pourrait pas tolérer ce qu?ils nous ont fait », rétorque-t-elle.
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