Avril, dit-on,
est le mois de tous les paradoxes. La pastèque, qui d'habitude n'est disponible
que pendant l'été, a déjà fait son apparition, depuis le début du mois, sur les
étals des marchands de fruits et pas seulement chez les plus huppés d'entre
eux, comme c'est le cas chez ceux du centre-ville. Toutefois, la pastèque n'est
pas disponible en grande quantité, mais le fruit est bien là. Son prix au kilo
varie entre 75 et 90 dinars, voire jusqu'à 110 dinars, cela dépend des marchés,
du marchand et du quartier.
Pour en savoir plus, une visite au marché de
gros était tout indiquée. Et comme toujours, les halles centrales grouillaient
de monde, même aux abords de l‘enceinte : vendeurs et acheteurs marchandaient
les prix du jour. Point de pastèque cependant, ni de fruits exotiques
d'ailleurs. Dans les grands magasins qui font face au marché de gros, des
commerces entiers spécialisés dans la vente de fruits proposaient la pastèque à
75 dinars le kilo, au prix de gros. De petite taille et ne dépassant guère les
2 kilos, le fruit était très demandé par les vendeurs au détail.
Questionné sur la provenance de ce produit,
le marchand précisera que, contrairement à ce chacun peut croire, il n'est pas
cultivé sous serre mais provient généralement d'Adrar, et des fois de Biskra et
des régions du sud-est du pays. Donc, c'est à partir du sud que ce fruit
d'avant-saison arrive jusqu'à Oran. Effectivement, entre Bechar et Adrar, tout
n'est pas que désert: tout au long de Oued Saoura, à partir de la grande plaine
de Abadla, on cultive les fruits les plus inattendus. Et la pastèque dans
toutes ces qualités, à savoir le «para» et la grumelle, dont la culture,
nécessitant de l'eau en abondance, fait le bonheur de ces agriculteurs qui
profitent de la nature (le soleil et l'eau) dans certains endroits pour
approvisionner le nord, notamment depuis Kerzaz, ce petit havre de paix et de
silence planté au beau milieu du désert, qui a fait de l'agriculture
d'avant-saison le principal moyen de subsistance de ses habitants.
Il n'y a pas que ce fruit, il y a aussi le
poivron, la tomate et d'autres produits de saison qui apparaissent beaucoup
plut tôt que dans le nord. Les transporteurs de gros tonnage et les frais qui
en découlent ont fait que ce fruit est un peu cher pour les petites bourses.
Seulement, au fur et à mesure que l'été approche, la pastèque provenant du sud
fera le bonheur des plus envieux et surtout des envieuses.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : T Lakhal
Source : www.lequotidien-oran.com