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Célébration de l'Aïd : L'observation de la lune fait toujours polémique



Le «duel» entre rigueur scientifique et vision religieuse a tourné en faveur de cette dernière lors de la détermination du premier jour de l'Aïd el Fitr, mais le professeur Jamel Mimouni, président de l'association d'astronomie Sirius persiste et signe. Pour lui, il est quasiment impossible que le croissant lunaire de Chawal ait pu être vu mercredi dernier en Algérie, et à l''il nu encore !Contacté hier, cet astronome de renom nous a expliqué que toute la communauté musulmane d'Afrique du Sud, «qui était en bien meilleure position que nous pour le voir mercredi ne l'a pas vu, et les musulmans dans cette partie du monde ont décidé de célébrer l'Aïd-el-fitr hier vendredi». Et d'ajouter que «ce n'est pas deux ou cinq personnes qui ont suivi l'observation en question, mais des milliers de personnes qui se sont rassemblées à la grande place de la ville de Cap Town, et ne sont pas parvenues à voir le croissant ce soir-là» alors que, insiste notre interlocuteur, «dans cette partie du globe celui-ci était cent fois plus facile à voir», même si cela était à peu près impossible à l''il nu pour le simple fait que, mercredi, le croissant s'est couché verticalement. «Alors comment se fait-il, continue le Pr. Mimouni, que deux personnes de chez nous, quasiment anonymes, se trouvant l'une à El-Oued et l'autre à Adrar, affirment l'avoir vu (')», parce que, faut-il le noter, soutient encore le professeur Mimouni, «les gens des comités d'observation n'ont pas révélé les noms de ces personnes à la vue perçante, ni leur qualité et n'ont pas, non plus dit comment il a été vu et à quelle heure de la journée. C'est bizarre et extrêmement douteux que ces gens-là puissent avoir une vue plus performante que des télescopes dotées des techniques de pointe pour observer et fouiner dans le ciel et les étoiles jusqu'aux confins de l'univers !». Développant son argument, Mimouni dit avoir été informé par un astronome faisant partie des comités d'observation sur la méthode utilisée par les comités d'observation pour recueillir l'information. «Ils se contentent de dire, sans vérifier, qu'une personne l'a vu. Point à la ligne !», affirme-t-il, en posant la question si la personne en question est pieuse ou s'il s'agit d'un simple quidam ' «Cela ne semble pas avoir d'importance pour les responsables du secteur des Affaires religieuses d'Adrar qui ont avalisé l'information du ‘'visionnaire''», souligne l'astronome.
«C'est malheureusement l'état actuel de notre civilisation dont les membres qui détiennent le pouvoir de décision semblent tourner le dos à la science alors que, et c'est là le paradoxe, un hadith nabawi recommande de chercher celle-ci même si pour cela il faille aller jusqu'en Chine. C'est une civilisation qui semble être figée dans une attitude décadente et qui n'arrive pas à résoudre une chose aussi simple que l'observation de l'apparition du croissant de lune, mais qui arrive quand même à voir des choses qui n'existent pas !», relève le professeur Mimouni non sans regret. Etait-ce-ce une décision politique ou géostratégique ' «Même pas, répond-il, c'est de l'ignorance qui consiste à accepter une chose qui contredit la science». Et de révéler encore que le membre représentant le centre de recherche en astronomie, astrophysique et généalogie (CRAAG), un organisme sous tutelle du ministère de l'Intérieur, au niveau des comités d'observation du croissant lunaire, a pourtant présenté à ces organismes un rapport affirmant catégoriquement que la vision du croissant était quasiment impossible mercredi soir à partir de l'Algérie ou de n'importe quel pays arabe et musulman. «Mais, ils n'ont pas tenu compte de ce rapport et ont fait confiance à l'observation humaine», lance notre interlocuteur. Et de conclure: «Nous continuons, malheureusement, à privilégier les pratiques archaïques relevant du maraboutisme et de l'obscurantisme, pratiques combattues par le passé par des savants musulmans bien de chez nous et aussi éminents que l'Imam Abdelhamid Benbadis».
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