Algérie



YOUCEF ZIREM, JOURNALISTE ET ÉCRIVAIN, À L'EXPRESSION "Ceux qui méprisent le peuple seront méprisés par l'Histoire"



YOUCEF ZIREM, JOURNALISTE ET ÉCRIVAIN, À L'EXPRESSION
Opposant au système qu'il a souvent critiqué, avec lucidité et sagesse, dans ses nombreux livres, Youcef Zireme est exilé depuis de longues années en France. Dans son dernier roman, La Cinquième mascarade, il revient sur l'histoire de l'Algérie depuis le 9 septembre 1962 jusqu'à aujourd'hui. A bien des égards, les nombreuses quêtes des personnages de La Cinquième mascarade ressemblent beaucoup à celles que vit le peuple algérien ces dernières semaines. Dans cette interview, il nous fait part de sa vision de la contestation pacifique en cours en Algérie.

L'Expression: Votre nouveau roman, La Cinquième mascarade, sorti récemment à Paris, fait l'inventaire des révoltes populaires en Algérie et, d'une certaine façon, a prévu ce qui se passe en ce moment, qu'en pensez-vous?
Youcef Zirem: Effectivement, mon nouveau roman, La Cinquième mascarade, est une longue plongée dans l'histoire récente de l'Algérie indépendante. Depuis le 9 septembre 1962, lorsque les armées de l'extérieur prennent le pouvoir de force en rentrant à Alger après avoir tué plus de 1000 vrais maquisards, jusqu'à aujourd'hui où le peuple tente de corriger le tir à travers son désir de vivre en liberté, dans la dignité et la justice sociale. Il y a dans la Cinquième mascarade, le révolté du FFS de 1963, le printemps berbère de 1980, les tragiques événements d'octobre 1988, la décennie noire, le printemps noir de Kabylie de 2001 à 2003 et la révolte ininterrompue des quatre personnages principaux du roman, deux couples, qui se battent contre le système durant près de quarante ans. Ce qui se passe en Algérie aujourd'hui est inévitable, c'est écrit dans La Cinquième mascarade comme une chose inéluctable. Le système algérien a oublié les aspirations profondes du peuple; ce système a été arrogant vis-à-vis du peuple. Cela ne pouvait pas durer éternellement. Malheureusement, le système continue encore à ruser avec le peuple avec cette nomination de l'ancien président du Sénat à la tête de l'Etat. Ces ruses ne vont pas payer. Le peuple est définitivement réveillé. Ceux qui méprisent le peuple seront méprisés par l'Histoire. Ils seront dans les poubelles de l'Histoire.

Certains cherchent à séparer le peuple de son élite, est-ce que vous êtes d'accord avec cette affirmation?
Oui, nous avons vu, ces derniers jours, des attaques étranges visant une partie de l'élite algérienne, ce sont des manipulations traditionnelles du système. Je ne crois pas que ces manipulations vont influencer le cours de la révolution du Sourire. Dans la tête du peuple, il y a maintenant son désir de vivre en liberté, dans la justice sociale, dans la dignité. Aucun pouvoir au monde ne pourra enlever ces idées dans la tête du peuple algérien. L'élite a désormais le rôle de guider ceux qui s'agitent, ici et là, pour que le mouvement de contestation continue de manière pacifique, avec cette belle générosité et ce pluralisme enchanteur.

Comment appréciez-vous ce mouvement de contestation?
Parti de Kherrata le 16 février passé, ce mouvement a réconcilié les Algériens avec eux-mêmes et leurs rêves.
Départ du système, les pistes?




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