Alger - Revue de Presse


Volte-face

Ambiguë est, pour le moins que l?on puisse dire, la position espagnole à propos de la question du Sahara-Occidental, rapportée par le chef du gouvernement ibérique lors de son récent passage à Alger. En effet, sans rejeter expressément le plan Baker, M.Zapatero, tout en lui reconnaissant des points positifs, semble vouloir l?écarter en tant que plan de règlement d?un conflit qui est avant tout une affaire de décolonisation, et ce, au profit d?un cadre quadripartite international dont feraient partie le « Maroc, les Sahraouis, la France, l?Espagne et l?Algérie si elle voudrait y prendre part ». Ambiguïté, sinon carrément un virage à 180 degrés de la position espagnole après l?avènement des socialistes au gouvernement, et dont M. Zapatero est le chef de file. Il n?en fallait pas plus au représentant marocain pour appeler sournoisement à un dialogue franc entre Alger et Rabat en vue de la solution du confit au Sahara-Occidental ! Dire que le président du Conseil espagnol a apporté de « l?eau au moulin marocain » est un euphémisme, à partir du moment où la proposition faite à Alger intervient moins de quarante-huit heures après l?appel du ministre français des Affaires étrangères Michel Barnier à un dialogue fondamental entre Alger et Rabat pour la décolonisation du territoire sahraoui. En fait, aussi bien le ministre français que le chef du gouvernement espagnol, en voulant impliquer l?Algérie dans des discussions sur l?autodétermination du peuple sahraoui, occultent quelque part le fait accompli (par Rabat) que le territoire du Sahara-Occidental est aujourd?hui occupé par le Maroc au mépris de la légalité internationale et du plan de paix des Nations unies auxquels tous deux font référence... Pour s?être inscrit depuis 1975 dans le cadre de la décolonisation du Seguia El Hamra et Oued El Daheb, contrairement à la France dont la position a été constante depuis cette date, ce revirement de la politique de l?Espagne a quelque chose d?inquiétant d?autant que dernièrement encore le ministre espagnol des Affaires étrangères Moratinos évoquait la nécessité d?un rapprochement des vues entre les deux pays européens et de parler d?une même voix sur la question du Sahara-Occidental. Dès lors, après la visite de Zapatero à Alger, l?axe Paris-Madrid-Rabat n?est plus une simple vue de l?esprit. Il est d?ailleurs significatif qu?au lendemain de son passage dans la capitale une partie de la presse et l?opposition espagnoles interpellent M. Zapatero et demandent des explications sur cette volte-face de la diplomatie espagnole à l?égard du Sahara-Occidental...

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