Algérie


Véritable plaie dans la ville de Biskra : Le dernier bidonville en attente d'éradication



L'éradication des bidonvilles dans certaines wilayas de l'Est est devenue une source de problèmes pour les autorités locales, au vu des multiples protestations et pressions exercées par les habitants pour leur relogement.
Immense verrue dans le pied de la Reine des Ziban, le dernier bidonville subsistant au nord de la ville, près du quartier d'El Alia, est en attente d'éradication.
Attendant depuis des années leur relogement, après les promesses non tenues par les autorités, des dizaines d'habitants du site appelé «Tabaggo», où les conditions de vie sont déplorables, manifestent depuis septembre 2018 sur la voie publique pour réclamer des logements décents. Une virée dans ce lieu laissera pantois et abasourdi tout visiteur.
Des dizaines de familles, avec pour la plupart de nombreux enfants, vivent dans des baraques insalubres. Des rigoles nauséabondes serpentant entre des habitations d'un autre temps dénotent l'absence d'un réseau d'évacuation des eaux usées. Des tas d'ordures constellent les ruelles étroites. Certains abris sont ouverts à tous les vents et d'autres sont alimentés en électricité par des fils loués chez de lointains voisins.
Des abris de fortune inhabitables durant les chaleurs estivales et les pluies torrentielles. «Je suis ici depuis 2007 et mes enfants y ont grandi. Je voudrais bien leur offrir un logement décent, mais je ne peux pas en louer pour 15 000 DA par mois, car cela dépasse mes revenus mensuels.
Nous nous armons de patience et nous nous en remettons à Allah pour que nos vies de petites gens s'améliorent», se lamente un quinquagénaire. Ce dernier nous présente volontiers ses filles, dont une adolescente au sourire radieux, et qui aurait d'excellentes notes à l'école.
Plus virulent et très remonté contre les autorités et l'Etat, un jeune propose une visite de son domicile constitué de deux chambres où s'entassent six personnes. Dans un coin, une cuvette pour les besoins a été posée et seul un rideau en tissu en délimite l'entrée. «On nous a recensés mille et une fois, mais jamais on n'a bénéficié d'un logement social ou d'un lopin de terre.
Rien que ce matin, j'ai été voir le maire et c'est toujours la même rengaine», lance-t-il avec colère. «J'ai participé à tous les rassemblements afin d'interpeller les autorités sur nos difficultés de mal-logés et nous espérons juste avoir été entendus.
La vie dans ces habitats illégaux est indécente. Nous nous morfondons en attendant une réaction des autorités qui semblent nous avoir oubliés, alors que nos enfants grandissent dans cet environnement malsain», se plaint un trentenaire. Pour rappel, des centaines de familles occupant des abris précaires dans la zone ouest de Biskra, à Haï El Course, Bir Zaâboub, Chaâbet Roba et Feliache ont été relogés en quelques années.
Des bidonvilles ont été rasés et des immeubles ont poussé tous azimuts. Pourquoi le bidonville d'El Alia-Nord continue-t-il à exister ' s'interroge-t-on. «Depuis des années, l'APC de Biskra mène avec les secteurs concernés un plan visant à «Une ville sans bidonville».
Des dizaines de logements précaires ont été détruits et leurs occupants relogés. Concernant le bidonville d'El Alia Nord, nous avons été bloqués par les restrictions budgétaires et le gel du fonds spécial d'aide à l'éradication des abris précaires des wilayas du Sud, mais une étude technique est en cours afin de viabiliser cette zone et en faire un nouveau lotissement avec toutes les commodités. Les procédures administratives et techniques prennent du temps, mais nous sommes sensibles aux difficultés endurées par ces familles.
Ce bidonville abritant quelque 600 familles sera bientôt éradiqué», indique Azzedine Slimani, maire de Biskra.




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