Alger - Concepts et leçons


Une conférence sur les Saints Soufis à Alger, Le concept de la baraka selon un chercheur japonais



Le Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (CNRPAH) à Alger a invité, hier, Masatoshi Kisaichi, professeur d’histoire du Maghreb à l’université Sophia à Tokyo (Japon) pour animer une conférence sur « La transformation du concept de la baraka et le développement des saints soufis ».

Essai basé sur une analyse des documents historiques du Maghreb médieval. Dans son intervention, Masatoshi Kisaichi relève que le concept de baraka « s’est étendu à l’ensemble de l’Asie occidentale depuis l’époque pré-islamique. Il ne s’agit pas d’une bénédiction particulière de Dieu ni d’un lien particulier avec l’action divine ». Comme la baraka n’était pas seulement « un concept spirituel ». Elle avait une « dimension matérielle ». Et « doit être comprise au sens large et général de bénédiction, de louange, de faveur, de fécondité, de prospérité », entre autres. Avec l’avènement de l’Islam qui « prêche un monothéisme absolu », le concept de la baraka « a subi un changement de sens important ». Telle que définie dans le Coran, elle « provient entièrement de Dieu » et son sens est « toujours abstrait et spirituel ». Comme « réalité », elle a « gardé sa signification pré-islamique, avec sa dimension matérielle et sa transmission par le contact physique ». Néanmoins, observe le même intervenant, « la diffusion de l’Islam a réduit cette réalité et unifié l’idée selon laquelle Dieu est la source unique de la baraka ». De plus, « la transmission de la baraka par le contact avec un homme vertueux, par la vénération de sa tombe, ne sera généralisée que plus tard, dans la continuité de la baraka transmise par le Prophète ». Avec le temps, elle se « transmet progressivement sur la tombe d’un saint, par un saint vivant, un sultan, un juge, une mère, une famille, le Coran ». Elle est prodiguée aussi « dans une mosquée ou un cimetière par le contact avec la main d’un saint, son vêtement, le fruit ou la faucille à titre d’exemple, auxquels il a touché ». Ainsi, l’idée selon laquelle la baraka a comme unique source Dieu « s’est affaiblie » sans pour autant la nier et la relation avec le saint « est devenue plus forte ». Avec le développement du soufisme, « le saint se rattache étroitement à Dieu ». Les saints sont vénérés à partir du XIVe siècle. Vénération « reconnue par le pouvoir politique, ce qui renforce la dimension politique de la baraka ». Une tendance qui, selon le conférencier, « a renforcé des manifestations recourant au contact physique ou à la vénération des tombes. Cette popularisation de la baraka donna naissance au maraboutisme ».







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