Alger - Revue de Presse


UNE ASSOCIATION DENONCE Les Jeux africains d'Alger «livrés au gré à gré»



L'Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC) se dit consternée, dans une déclaration rendue publique hier, après avoir appris sur le site web du Journal officiel que la majorité des dépenses publiques destinées au financement des 9èmes Jeux africains sera gérée selon la procédure du «gré à gré». L'AACC, une section de Transparency International, affirme que «cette procédure, qu'elle ne cesse de dénoncer (...), est une manière inappropriée, surtout dans ce cas de figure, de contourner la réglementation des marchés publics en vigueur». Selon l'association, le «gré à gré» n'est qu'une mesure exceptionnelle qu'on ne doit employer que dans les situations de grande urgence, comme les catastrophes naturelles, et ceci en instaurant des garde-fous pour éviter tout dérapage. Estimant que la préparation de ces jeux, prévus durant la saison d'été à Alger, ne constitue aucunement un cas d'urgence, l'AACC a énergiquement dénoncé le recours à cette mesure exceptionnelle qui aura des graves répercussions sur la gestion transparente des deniers publics. «L'AACC était pourtant persuadée que les pouvoirs publics, au plus haut niveau de l'Etat, avaient donné des instructions fermes au gouvernement visant à interdire la procédure du gré à gré dans la gestion de la commande publique. Pourquoi ce revirement ?», s'interroge l'association. Et d'ajouter qu'aucune raison ne peut justifier le recours à cette mesure qui a profité dans un passé récent à la création d'un climat favorable pour la progression de la corruption et de la dilapidation des deniers publics. L'association a aussi tenu à attirer l'attention de l'opinion publique que le Comité d'organisation des 9èmes Jeux africains en Algérie a été installé le 20 juillet 2005, ce qui permettait de lancer des avis d'appels d'offres en respectant la réglementation des marchés publics en vigueur. L'autre point dénoncé par l'AACC est le retard de près de trois mois pour la mise en ligne sur le site web du Journal officiel, le 11 mars 2007, de l'arrêté interministériel, qui avait été signé pourtant le 18 décembre 2006. L'arrêté interministériel, qui «fixe la liste des prestations et fournitures devant faire l'objet de marchés de gré à gré après consultation au titre des 9èmes Jeux africains en Algérie», avait été signé, en fait, en décembre dernier par les ministres des Finances et de la Jeunesse et des Sports. L'AACC précise que ce feu vert au gré à gré constitue, en terme de coût, des centaines de milliards de centimes qui seront gérés sans aucune transparence et échapperont de ce fait à la réglementation des marchés publics et à l'appel à la concurrence. Pourquoi ce retard de presque une année et demie ? Quelles sont les raisons réelles derrière ces lenteurs administratives ? Pourquoi attendre trois mois pour publier dans le Journal officiel un arrêté interministériel, alors que la loi est claire et exige la publication des arrêtés dès leur signature ? Autant de questions auxquelles l'association n'a pas trouvé de réponses satisfaisantes. Avant de conclure, l'AACC a tenu «à dénoncer avec la plus grande fermeté cet arrêté interministériel signé à la veille du procès Khalifa et rendu public quelques jours après le procès». Aussi, elle lance un appel pressant aux pouvoirs publics pour prendre les mesures les plus urgentes pour «limiter les effets désastreux que pourraient avoir cet arrêté sur la gestion transparente des deniers publics». Il est à signaler que les prestations prévues pour la préparation de ces 9èmes Jeux africains concernent l'hébergement et la restauration des participants, le transport des invités et des participants, l'organisation technique et artistique des cérémonies d'ouverture et de clôture..., l'acquisition des équipements et des matériels sportifs de compétition, entre autres.




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