Algérie - Revue de Presse


Transfert des habitants de Hassi Messaoud



Un embrouillamini de chiffres sur fond électoral Plus de 600 familles occupant les bidonvilles sont à transférer, selon le P/APC de Hassi Messaoud Amar Zeid, à la grande surprise de l?assistance présente mercredi dernier au siège de la wilaya, lors de la réunion de la commission de sécurité élargie, chargée du dossier du transfert des habitants des bidonvilles de Hassi Messaoud. Amar Zeid a jeté le pavé dans la mare en remettant en cause le recensement de 2005, qui fait état de 305 familles vivant dans les bidonvilles. Il s?agit là d?une réfutation sans détour de la « référence statistique » des pouvoirs publics dans le dossier du transfert des familles habitant à proximité des sites pétroliers. Ce chiffre est aussi la première donnée concrète exigée par le wali, suite à la fameuse directive n°5 émanant de la chefferie du gouvernement, concernant la sécurisation du champ pétrolier de Hassi Messaoud et la délocalisation de la ville. Le recensement a été effectué les 3 et 4 février 2005 et l?on a dénombré 306 familles destinataires de cartes spécifiques le jour même, sur dix sites différents, par une commission présidée par Ahmed Ayad ex-P/APC de Hassi Messaoud, actuellement démis de ses fonctions avec deux autres élus, suite à un dépôt de plainte pour dilapidation de deniers publics. C?est son opposant et successeur qui vient, deux ans après, faire observer qu?il a personnellement reçu des centaines de citoyens lésés par le recensement, il compte 600 recours dont 280 éligibles, que certaines familles présentes à Hassi Messaoud depuis janvier 2005 seulement ont pu être recensées parce qu?elles étaient là au bon moment, 11 anciens bénéficiaires de logements sociaux ou ruraux sont à écarter et enfin certaines familles refusent de quitter les lieux en raison de leurs cheptels . Soutenu par son staff, Amar Zeid demandera un délai de trois jours pour assainir ladite liste. Une demande qui a évidement frappé d?étonnement l?assistance. C?est le wali, Ahmed Melfouf, qui demandera successivement : « Où étaient ces familles quand les cartes avaient été distribuées ? Pourquoi se prétendent-elles oubliées aujourd?hui, alors qu?elles ne s?étaient pas manifestées depuis deux ans ? » Il notera, au passage, le sérieux de l?ex-P/APC lors du traitement du dossier épineux de Hassi Messaoud et ne manquera pas d?attirer l?attention sur la gravité de la situation, sur la seule modification qui a touché une famille doublement nommée et sur le chiffre officiel communiqué à la commission, qui est de 305 familles. Aux actuels gestionnaires de la commune, il précisera que les conséquences de leur démarche peuvent les mener jusqu?au dépôt de plainte. Il s?enquerra des solutions proposées après ce grave constat et demandera la mise en application de l?arrêté concernant l?interdiction de l?élevage et du pacage dans le tissu urbain et pétrolier de Hassi Messaoud. « Je n?ai pas de réponse », dira Amar Zeid qui promet un recensement des récalcitrants et une révision des listes. « Les absents n?ont pas toujours tort avec moi », dira A. Melfouf, qui chargera Assia Sebaâ, chef de daïra de Hassi Messaoud, de rappeler la commission de l?ex-P/APC Ayad, de réviser les listes et d?en déterminer les lacunes avec l?actuel staff, de recenser les familles détentrices de terres ailleurs qu?à Hassi Messaoud et intéressées par un logement rural, et enfin de « neutraliser » les travailleurs de la commune de Hassi Messaoud, eux-mêmes dans les bidonvilles et qui, semble-t-il, enveniment la situation, selon les dires de la chef de daïra. Rendez-vous a été pris mercredi pour dresser le bilan de cette révision, mais d?aucuns pensent que les chiffres avancés sont loin de refléter la réalité, une contestation aurait éventuellement éclaté depuis longtemps et les échéances électorales y sont pour beaucoup dans ce revirement inattendu.




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