Algérie - Revue de Presse


Trafic d?ivoire

Un nouveau terme vient d?atterrir dans les bacs à mots de l?analyse politico-économique ; Louiza Hanoune, première vigie du bateau pirate, vient de lancer un nouveau bulletin d?alerte : devant le désengagement de l?Etat, comme celui du soutien au prix du pain, elle a mis en garde contre une « ivoirisation ».Après la « libanisation » des années 1980, l?« iranisation » des années 1990, l?« afghanisation » des années 2000 et la « tunisation » en cours, ce qualificatif a été lancé pour prévenir du passage à la rébellion massive de groupes sociaux, étant entendu pour Mme Hanoune que la situation en Côte d?Ivoire est bien pire que celle qui prévaut ici. Outre qu?elle n?a pas l?air de se rendre compte que le passage à la violence organisée a déjà été atteint, soit sous forme de guérilla terroriste (GSPC), de révolte citoyenne (archs) ou encore de façon sporadique mais généralisée (émeutes villageoises), le fait de comparer ce qui se passe à ce qui se fait ailleurs n?est pas nouveau, l?Algérie n?ayant souvent d?autres repères pour trouver sa voie que de vagues référents qui n?aident en fait en rien, la seule idée valable étant que la libéralisation dans les pays émergents génère de la violence. C?est pourtant une fausse libéralisation qui a cours en Algérie, l?Etat ne se retirant que des secteurs où il ne trouve aucun intérêt clientéliste. Pour les autres, comme celui de l?information par exemple, les autorités ont décidé de ne rien lâcher, ni les imprimeries, ni le monopole sur la publicité, ni celui de la délivrance d?agréments ou de la gestion des dettes commerciales. C?est une erreur de le croire, l?Algérie n?est pas un pays libéral, ni un pays libéraliste, encore moins un pays libertaire ou libertin. Les comparatifs doivent s?arrêter là. L?Algérie n?a jamais ressemblé à autre chose qu?à l?Algérie.




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