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Tlemcen, Marsat Ben M’hidi: vivre l’enfer dans un coin de paradis

L’appréciation des estivants et des observateurs de cette saison estivale à Marsat Ben M’hidi, dans la wilaya de Tlemcen, semble contenir une moue qui n’augure rien de bien rassurant sur l’avenir de cette station.

Jamais une si importante masse de vacanciers n’avait, auparavant, exprimé la résolution de changer de cadre la prochaine saison, dit-on localement. Les raisons à cette «hostilité», dégagée même par les plus fidèles, qui présage un lendemain chancelant et qui dénote d’une réputation fugace, sont de divers ordres.

L’indisponibilité du carburant dans les stations services qui a le plus pesé sur la quiétude des hôtes, semble être le principal élément qui revient sans cesse dans les récriminations et qui a le plus incommodé les estivants: «Se débrouiller un plein de gasoil est devenu un vrai cauchemar. Jamais la situation n’a été aussi contraignante» dira outré Djamel, ce transitaire d’Alger originaire de la région qui, séduit par la virginité et les atouts naturels de ce site, y a toujours passé ses vacances au point où il y a construit son propre pavillon. En effet, la station service est constamment prise d’assaut par une horde de trafiquants de carburant qui ne connaissent pas le répit, principalement en cette période où ils doublent plutôt d’effort tellement la demande est à son comble à l’autre rive avec le grand flux des aoûtiens qui débarquent de tous les coins du Maroc à la fameuse plage de Saïdia que seul Oued Kiss sépare de celle de Marsat Ben M’hidi. «Hier, je n’ai pas eu la chance de faire le plein. Le précieux liquide a été épuisé au moment où j’étais à 2 voitures près de la pompe et ce, après 1h45 mn de «chaîne»» dira notre interlocuteur. Et d’ajouter indigné «le comble dans tout cela est que cette frange de trafiquants agit sans impunité.

A noter que la perturbation dans la livraison du carburant qu’a connue la wilaya, notamment le gasoil durant ce mois, a davantage aggravé la crise dans cette commune.

Par ailleurs, les estivants estiment le séjour durant cette saison, ruineux au point où certains envisagent de passer les prochaines vacances sous d’autres cieux où pour la même cagnotte, ils considèrent bénéficier de beaucoup plus de confort. A en juger les prix pratiqués, aussi bien les commerçants que les personnes qui font dans la location du simple garage au pavillon, ne vont pas de mainmorte. Le pic est atteint durant le mois d’août où à titre illustratif, la location d’un «2 chambres» a varié entre 80.000 DA et 150.000 DA le mois, le classique «frite-omelette» atteint 120 DA, le journal majoré de 50% et le prix de la bouteille d’eau qui a pulvérisé tous les records avec 60 DA chez certains «commerçants» qui ignorent la portée de leur nuisance sur l’avenir du tourisme dans la région. L’estivant ne manque pas d’être interloqué et décontenancé devant des prix pratiqués qui sont le plus souvent exagérés. Pour l’anecdote, on évoque ce couple accompagné de 4 enfants qui, après s’être fait bonne chaire et s’être empiffrés de bons mets tels les bourek et les salades raffinées chez un restaurateur, ont eu le souffle coupé au bout du repas par la note à payer qui est de 7.400 DA!

La protestation était évidente et inévitable tellement celle-ci était excessive et l’altercation a été amorcée au moment où nous quittions les lieux. Le dénouement de cette malheureuse aventure ne semblait pas évident. Ces comportements ne sont évidemment pas pour attirer le vacancier qui, se voyant ainsi saigné à blanc, deviendra, bien entendu, plus sélectif dans le choix de ses prochaines destinations et à la limite écourtera son séjour. «Les prix pratiqués ont pesé énormément sur l’estivant et l’ont contraint à passer, de moins en moins, de temps dans cette commune. Une grande partie des familles passent des séjours de 3 à 15 jours seulement contre un mois auparavant», dira cet employé de l’APC de Marsat Ben M’hidi qui espère que la dérive soit évitée. Le peu de moyens financiers mobilisés pour le développement de cette commune est un autre facteur qui s’ajoute à ceux déjà cités, à l’origine de cette aversion manifestée par les estivants. Le système utilisé pour l’assainissement est devenu le perpétuel casse-tête et la principale tare qui préoccupe les élus et qui pourrait avoir des conséquences néfastes sur le devenir du tourisme. Ce système qui utilise 3 stations de relevage, équipées de pompes pour rejeter les eaux usées dans Oued Kiss où elles sont décantées avant d’atteindre la mer, n’est pas doté de pompes de réserve pour parer à d’éventuelles déficiences qui risquent d’être fatales. Le pire est craint dans le cas d’une panne des pompes ou d’une coupure prolongée d’électricité. «Nous ne disposons d’aucune pompe de secours. Marsat Ben M’hidi sera inondée d’eaux usées si les pompes venaient à faire défaut», dira le secrétaire général de l’APC qui met en exergue la bonne volonté du wali pour la dotation de la commune de 2 pompes de réserve pour l’assainissement et 2 autres pour l’AEP mais qui malheureusement n’est pas mise en exécution sur le terrain. Un petit problème de démarrage automatique qui a persisté dans la station de relevage située non loin de la résidence de la wilaya, est à l’origine du débordement des eaux usées. Celles-ci envahissent la station des bus et se perdent dans le sable de la plage ou elle stagne créant une mare en pleine ville, à l’entrée d’un complexe touristique, dégageant une odeur nauséabonde incommodant les estivants et importunant le propriétaire du complexe. «Le système des fosses sceptiques groupées est le plus indiqué pour notre commune comme c’est le cas pour Saïdia», selon ce cadre de l’APC pour qui le système de relevage présente beaucoup de risques et des contraintes tels les frais supplémentaires (consommation d’électricité, acquisition des pompes...). Non loin de là et à proximité du centre commercial, des toilettes où l’absence du minimum d’hygiène est flagrant et qui se caractérisent par la laideur de son cadre, dénotent d’un mépris manifeste pour les vacanciers. Tout ceci a altéré les lieux, incommodé les estivants et est à l’origine de la préoccupation du propriétaire du complexe touristique qui se voit ainsi pris en sandwich entre une mare d’égout qui indispose et des toilettes qui défigurent le cadre. Devant l’insuffisance des ressources en eau (l’alimentation à partir des forages de Boukanoun bute sur des difficultés d’ordre technique et le projet d’alimentation du couloir ouest à partir des 11 forages de Béni Boussaïd non encore achevé), l’eau potable est un autre élément qui décourage l’estivant qui est obligé de payer des citernes tractées pour s’approvisionner. C’est en somme une saison relativement moins fournie et moins animée, annonciatrice d’un lendemain morose à cause du déclin de l’affluence qui a été, cette année, loin d’atteindre les 6 millions d’estivants prévus. Même si des efforts sont consentis pour l’amélioration des conditions de séjour notamment pour la sécurité, la surveillance des plages, le nettoyage assuré par des brigades dans le cadre du programme «Algérie blanche»... Une plus grande rigueur et une prise en charge réelle du développement de cette station balnéaire sont de mise pour redresser une situation qui risque d’empirer davantage, afin de recouvrer les réflexes d’une meilleure prise en charge de l’estivant dans ce bout de paradis qui semble être victime de sa réputation.






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