Tlemcen, La maison de la culture se redéploie

Les jeunes Yasmine (10 ans) et Réda Seddiki (15 ans), élèves du conservatoire de Tlemcen (et du professeur de musique Baba-Ahmed Khalil), ont donné le lundi 3 avril dernier, un émouvant concert de musique classique à la maison de la culture de la ville, devant un public séduit par le brio de ces deux artistes en herbe. Tirés à quatre épingles, ils ont joué, sans fausses notes et pendant environ une heure, sur un piano quoique légèrement «déglingué», quelques morceaux célèbres du répertoire classique. Les amateurs de grande musique ont pu écouter, lors de ces moments magiques, du Chopin, du Mozart, du Verdi.

 L’ouverture d’esprit que montre actuellement la maison de la culture de Tlemcen et l’anticonformisme artistique de sa programmation surprennent ! Dans une ville habituellement arc-boutée sur son «inamovible patrimoine culturel» (et notamment musical), avoir l’occasion d’écouter, de temps à autre, du jazz, de la variété française, du chaabi ou du Bach, c’est non seulement une petite révolution culturelle mais aussi un grand bol d’air frais ! Mme Zineb Chaouche, la directrice de l’auguste infrastructure tlemcénienne vouée, en principe, à promouvoir les arts et la culture, ne semble pas être la dernière à s’en réjouir. «Depuis l’achèvement de la réfection de la maison de la culture de Tlemcen et sa réouverture en septembre dernier, une nouvelle vision éclaire la mission qui lui est dévolue. Elle dicte donc à ses responsables une programmation diversifiée dont aucune branche de l’art n’est exclue», nous confie-t-elle avec une passion communicative. Ainsi, les mélomanes (dans leur diversité) pourront y écouter cette année, à côté de l’andalou, plusieurs genres de musique comme le jazz ou la «soul music». A l’occasion du Mawlid Ennabaoui, un groupe syrien interprétera des «annachids» religieux et des chants soufis. Dans le domaine des arts plastiques, après les expositions du peintre maghnaoui Ahmed Bouziane et du jeune artiste Hadj Kacem, le célèbre miniaturiste Hachemi Amieur montrera ses magnifiques oeuvres durant le mois du Patrimoine (du 18 avril au 18 mai prochain).

 La maison de la culture accueillera également, dans les semaines à venir, plusieurs conférenciers dont Hamsandji Kaddour, l’auteur d’une biographie appréciée de l’Emir Abdelkader. Chaque mois, les amoureux de la littérature auront un rendez-vous avec un homme de lettres qui viendra leur parler de son oeuvre. Les auteurs Mohammed Kali et Abderrahmane Zakat ont déjà été les hôtes de ce «café littéraire» qui, peut-être, réussira à communiquer, même à ceux qui l’ont perdu, le goût de la lecture. Maissa Bey et Mohammed Souheil Dib en seront les prochains invités.

 Dans deux semaines enfin, les ateliers de théâtre vont rouvrir (après plusieurs dizaines de mois d’une hibernation forcée) par un stage d’initiation à la mise en scène théâtrale, dirigé par Habib Boukhalfa, le talentueux auteur de «Malhamat Lotfi» («L’épopée du colonel Lotfi»). Consciente du risque qui la guette de prêcher dans le désert lorsqu’il s’agit de parler de culture, Mme Zineb Chaouche profite de l’occasion pour lancer une «pique amicale» contre la presse qui, à son sens, ne couvre pas suffisamment les activités culturelles et ne joue pas son rôle d’éveil, pleinement ! N’a-t-elle pas raison, quelque part ?






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