Algérie - Théâtre


Théâtre, Nécessité d’une rupture



La référence au patrimoine a fait que les dramaturges ont mis en œuvre un théâtre authentiquement algérien.

qu’est-ce qui caractérise le théâtre algérien ? C’est bien le verbe. Toute l’expression scénique est, en effet, investie pleinement par la parole qui, renforcée par la gestuelle, semble conférer au jeu un attrait populaire. Les dramaturges, pour rapprocher le public de la scène, puisent dans la culture populaire. Ils intègrent un élément-clé dans leur travail de création : le patrimoine.
Ainsi, l’existence d’un contenu patrimonial au sein même de la pratique théâtrale fait que les dramaturges ont mis en œuvre un théâtre authentiquement algérien aussi bien dans le fond que dans la forme.
Il se trouve cependant que ce théâtre longtemps exercé parvient à saturation et atteint un degré de mimétisme flagrant. L’on parle alors de crise théâtrale dans la création et même dans l’exercice scénique. Car la référence au patrimoine permanente et insistante, voire parfois aveuglante, avec toutes ses composantes et ses variantes, fait choir le théâtre algérien et ce, depuis quelques années, dans la redondance et le stéréotype. Il devient alors folklorique. Une issue semble se présenter aux nouvelles générations de dramaturges : sortir des sentiers battus et s’inscrire d’emblée dans le renouveau. La culture populaire ne doit plus constituer la donne essentielle de la production théâtrale, mais elle peut en être un agent inspirateur, un élément complémentaire, toutefois, dans quelques cas précis bien définis par les besoins qu’exige la scène. Il faut s’ouvrir à un imaginaire plus dynamique et créatif qui puisse à la fois susciter l’intérêt du public par sa dimension esthétique et traiter des problématiques socioculturelles et politiques qui qualifient la société. C’est-à-dire plus de contemporanéité et d’audace dans le choix des thèmes et dans leur mise en scène. Rompre avec le patrimoine ne signifie en aucun cas dépersonnaliser le théâtre algérien, lui ôter son âme et le rendre terne et quelconque. Il s’agit néanmoins d’une volonté d’aller de l’avant, c’est-à-dire de réfléchir à des instruments aidant à donner à l’expression scénique un souffle nouveau et dynamique, mais surtout jeune et qui répond donc aux tendances actuelles.
Les partisans d’un théâtre populaire voient malheureusement, en cette initiative de renouveau, un acte de «sacrilège» puisque le patrimoine, qui est défini comme étant la spécificité d’une société et le reflet de sa culture, ne peut être dissocié et séparé et de l’écriture et de la pratique dramaturgique. D’où ce maintien persistant et stérile.
Quant aux jeunes, ils ne semblent pas trop s’en préoccuper, hormis quelques expériences individuelles et ponctuelles — le mouvement théâtral de Koléa ou Artism, cette association qui mêlait dans son travail gestes scéniques et performances corporelles, ce qui donnait au théâtre un air contemporain et novateur. Les jeunes se contentent tout bonnement de reproduire les vieux schémas et les pratiques devenues à la longue «ancestrales». Ils puisent dans cet héritage fortement «cliché».






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