Djelfa - Revue de Presse


Tension

L?arrivée de l?été exacerbe les tensions dans plusieurs régions du pays Soulèvement dans des quartiers de Djelfa Par centaines, les habitants des quartiers périphériques d?Aïn Chih, blocs 36 et 40 ainsi que Chaoua ont investi la rue pendant toute la journée d?hier pour dénoncer la misère dans laquelle ils vivent depuis des années. Dans la matinée, les citoyens en colère ont barré la route en déposant des blocs de pierre et en brûlant des pneus. Les manifestants nous ont expliqué sous les jets de pierres les raisons de cette colère : « Depuis des années, nous vivons dans la misère la plus totale et dans l?indifférence la plus généralisée. Plusieurs de nos enfants sont morts de maladies dues aux microbes qui font partie de notre quotidien, parce qu?il n?y a ni assainissement, ni électricité, ni eau. Sept adultes sont décédés par électrocution en l?espace de six mois, alors qu?ils tentaient de bricoler l?éclairage afin de nous assurer la sécurité. Nous mourons de soif, parce qu?il n?y a pas d?eau, et de faim, parce qu?il n?y a pas de travail. » Le chef de daïra et le président de l?APC, qui se sont rendus sur les lieux, ont été chassés à coups de pierres et d?insultes par les manifestants hostiles à tout dialogue et réclamant le wali en personne. En fin de matinée, une délégation représentant les manifestants est reçue par le chef de cabinet du wali, qui a tenté de calmer les esprits en expliquant aux membres de cette délégation qu?un quota de logements leur est réservé dans le cadre du programme du Président. M. Fethi Bouzaïd nous informera que ces logements sont en cours de réalisation et que les représentants des habitants de ces quartiers ont eu l?occasion de visiter les chantiers. Mais les habitants des quartiers pauvres ne l?entendent pas de cette oreille. « Nous patientons depuis 1988. Il n?est pas question de patienter davantage », nous ont-ils déclaré en précisant que des quotas de plusieurs centaines de logements sont déjà réalisés dans le cadre du social et qu?ils doivent être livrés incessamment. « Nous estimons que nous sommes prioritaires. » En début d?après-midi, les manifestations de colère ont tourné à l?émeute, et la situation a dégénéré pendant tout l?après-midi.La brigade de la Sûreté de wilaya fera une « entrée » musclée. A bout de patience, les policiers matraquent les jeunes en furie, en les poursuivant jusque dans leur domicile. Les affrontements dureront plusieurs heures. Une cinquantaine de jeunes, selon l?adjoint de la Sûreté de wilaya (le double, selon les citoyens), ont été arrêtés et conduits dans un lieu tenu secret. Deux femmes (la mère et la s?ur) d?un enfant de 12 ans interrogeront le responsable de la police sur le sort du petit garçon qui a été embarqué. Réponse d?un policier : « Vous n?aviez qu?à le garder à la maison pour lui donner le biberon puisqu?il était si jeune que ça. » La mère, en larmes, nous expliquera qu?elle est veuve et seule responsable de la famille. L?enfant en question, nous l?avons vu et entendu crier : « Donnez-nous nos droits. » Le commentaire du chef de daïra sera clair : « Il y a des maisons de rééducation pour les mineurs et des prisons pour les majeurs. » Le chef adjoint de la Sûreté de wilaya dira à propos des passages à tabac perpétrés contre les jeunes manifestants : « L?ordre public doit être préservé quoi qu?il en coûte. »




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