Algérie - Revue de Presse


Tébéssa



Les étés chauds de thevest Sur plusieurs points, Tébessa ne ressemble pas aux cités intérieures du pays. La raison en est simple : Tébessa est une ville frontalière, position qui l?a privilégiée par rapport à d?autres villes et l?a fait bénéficier de projets grandioses, comme l?aéroport, le centre universitaire, le parc de loisirs et de gigantesques chantiers de construction de logements sociaux. L?aménagement urbain aussi s?est vu accorder des budgets conséquents. Ainsi, se sont érigées des bretelles qui enjambent les rails du chemin de fer, tout en désorgorgeant la circulation automobile. Bien sûr, c?est son grade de chef-lieu de wilaya qui a propulsé la ville au rang qui lui sied et qui en fait une métropole où s?opèrent des transactions commerciales éminemment lucratives. Eastern spaghetti En effet, Tébessa constitue aujourd?hui une plaque tournante par laquelle transitent toutes sortes de marchandises. Mais surtout, ce que l?on aura remarqué, c?est la présence de produits tunisiens. Citons au passage les denrées alimentaires, comme les pâtes (macaroni, spaghetti, couscous...), les épices, les boîtes de conserve de harissa, la confiserie, surtout la halva turque, les cacahuètes, les grains de citrouille... La vente se fait en gros et en détail. Mais, il n?y a pas que les denrées alimentaires qui tiennent le haut du pavé. Le commerce de la fripe se taille la part du lion. Il n?y a qu?à voir les immenses tas de vêtements vieux pour se rendre compte du phénoménal trafic qui galvanise les foules : des acheteurs, des curieux, des vendeurs. De partout viennent des visiteurs en quête de belles occasions. Le marché des vieux vêtements se tient tous les jours mais connaît une activité très intense le vendredi, jour de repos. Le commerce de la fripe est devenu la spécialité de Tébessa, devançant de loin les autres créneaux comme ceux des articles de l?électroménager, les épices, la quincaillerie, la bonneterie, etc. Sans tous ces commerces fort juteux, Tébessa sombrerait dans l?ennui et la monotonie. Tébessa a d?autres atouts mais qui, malheureusement, ne sont pas suffisamment exploités. En premier lieu, nous citons ses nombreux vestiges, qui datent des époques romaine, byzantine et phénicienne et qui constituent une richesse indéniable, du point de vue historique ou archéologique. Les nombreux vestiges dont recèle la ville de Tébessa, anciennement appelée Thevest, représentent un trésor inestimable. Ainsi en est-il de la basilique, de la porte de Caraccala, de la muraille byzantine, du théâtre romain (non encore restauré !), du musée où une collection d?objets anciens tient compagnie au tableau de la reine Minerve. Ici, chaque pierre, chaque pan de mur est une page d?histoire que pensent consulter les archéologues, les touristes et même les curieux. La restauration, mais la bonne En fait, toute l?ancienne cité regorge de colonnes, de bustes, de pierres sculptées, qui attestent de la présence d?une grande civilisation. Pour l?heure, on ne s?occupe ni de la restauration des vestiges ni du volet touristique qui, en temps normal, pourrait attirer de nombreux touristes et par là même rapporter de substantielles rentrées d?argent. Ce qui, en revanche, suscite l?intérêt, c?est le commerce tous azimuts. Et ce qui est remarquable, c?est que même les enfants s?en donnent à c?ur joie : il y en a qui vendent des sachets aux abords des marchés, il y en a qui proposent des articles aussi divers que variés, cela va de la pile pour poste radio, à la panoplie de la couturière, en passant par les tubes de dentifrice, les amuse-gueules, etc. N?oublions pas de signaler qu?au milieu de cette fourmilière humaine, une autre activité s?impose et fait même des émules, il s?agit de la mendicité, fléau ou phénomène qui prolifère dans toutes nos grandes villes. Lors de notre passage dans la cité de Larbi Tébessi, nous avons été surpris de constater que les jeunes revendent les quotidiens à 15 DA, tandis que chez les buralistes, les prix sont respectés. En tout état de cause, Tébessa est une ville où le commerce marche, détrônant la culture et les arts. Cela viendra peut-être si des mesures énergiques sont entreprises en faveur de ce secteur et des hommes de culture.




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