Alger - Revue de Presse


SPLA - direction générale d?Air Algérie

Le conflit s?enlise Le conseil national du Syndicat des pilotes de ligne algériens (SPLA) s?est achevé hier par la décision de saisir la justice ces jours-ci afin de ramener la direction générale d?Air Algérie à respecter le protocole d?accord signé en 1994. A ce titre, le vice-président du SPLA, Bechetarzi, joint hier par téléphone, se dit optimiste quant à la décision de la justice qui ne fera qu?appliquer la loi. La tension qui règne donc depuis quelques semaines au sein de la compagnie aérienne Air Algérie ne s?est pas apaisée. Bien au contraire, le syndicat n?exclut pas, comme ultime recours, l?option de la grève si la justice donne son agrément. Le n?ud du conflit entre les deux parties réside dans ce protocole d?accord que défend le syndicat et qui est bafoué par la direction générale. Dans ce sens, Bechetarzi s?est montré des plus virulents devant le double langage de l?administration qui « dit oui durant les réunions et qui fait ce qu?elle veut sur le terrain ». A ce propos, notre interlocuteur précise que le syndicat se réfère toujours au décret présidentiel 88/142 signé en 1989 par Chadli Bendjedid. C?est à partir de ce texte qu?un protocole d?accord a été signé en 1994 et qui devrait, en principe, déboucher sur l?élaboration du statut particulier du navigant. Médusé, le vice-président du SPLA indique qu?un autre texte, en forme de décret exécutif, a été signé en 2002 par Benflis, alors chef de gouvernement. A la question de savoir pourquoi la direction générale a choisi ce moment exact, notre interlocuteur souligne qu?il y a des arrière-pensées de privatisation et qui viseraient les intérêts des pilotes. Ainsi, l?administration d?Air Algérie veut d?ores et déjà mettre en exécution la révision du régime de travail qui consiste à augmenter le temps de travail de 6 à 10 heures par jour et revoir en même temps à la baisse les salaires des pilotes. D?après Bechetarzi, la direction générale veut une diminution des salaires de l?ordre de 45% avec, en sus, des heures de travail en plus. « Ce sont des agissements sournois », crie le vice-président du SPLA en expliquant à ce sujet que les conditions de sécurité et de travail ne permettent pas d?augmenter la durée de travail. « Anarchie totale » Devant l?impasse qui s?est installée entre les pilotes et la direction de la compagnie aérienne, le syndicat a saisi le ministère des Transports pour statuer dans ce conflit. « Nous voulons des clarifications sur cette situation confuse de deux textes », dira Bechetarzi, en ajoutant avec regret : « Nous sommes devant un système de gestion et non pas dans une entreprise. C?est de l?anarchie totale. » Ecumant de colère, le vice-président du SPLA s?interroge sur les motifs de cette pression sur les pilotes. « On dirait que le seul problème d?Air Algérie, ce sont les pilotes. Qu?ils regardent les hadjs jetés dans la salle d?attente, les voyageurs qui campent durant quatre heures à l?aéroport, les avions vides qui font aller-retour Alger-Djeddah. On est otages d?une mauvaise gestion. » Même le code de l?aviation civile n?est pas exempt d?arrière-pensées, d?après notre interlocuteur, qui avoue que ce texte a été élaboré pour faire travailler les pilotes de Khalifa Airways. La situation, suffisamment tendue au sein de la compagnie aérienne, a été exaspérée davantage par la décision de la direction générale de déterrer le dossier de la grève des pilotes de 1996. Ainsi, 24 pilotes vont comparaître ce mois devant la justice. Qualifiant cette décision de « man?uvre de la direction générale », le vice-président du SPLA rappelle que ces pilotes, licenciés abusivement, ont été rétablis dans leurs droits par la justice. En tout cas, si le département de Meghlaoui et la justice n?interviennent pas pour faire appliquer la loi, le conflit risque d?aiguiller sur une fausse piste. Notons enfin que le directeur général d?Air Algérie était injoignable hier.
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