Alger - Ambassades et consulats


Réouverture du consulat britannique en avril, Jack Straw aujourd’hui à Alger



Jack Straw est attendu aujourd’hui à Alger pour une visite de deux jours. Le ministre britannique des Affaires étrangères sera reçu en audience par le président Abdelaziz Bouteflika et se réunira avec son homologue algérien Mohamed Bedjaoui.

Jeudi, les deux ministres animeront une conférence de presse conjointe à Alger. La première bonne nouvelle est annoncée par l’ambassade de Grande-Bretagne à Alger: «Les travaux de construction d’une nouvelle ambassade ont déjà commencé et la décision de réouverture du service visas a été prise, nous cherchons seulement un siège pour un service visas adéquat... Le British Council revient au mois d’avril de cette année».

Au programme de cette visite, selon l’ambassade de Grande-Bretagne à Alger, le chef de la diplomatie britannique se rendra sur le site du chantier de la grande mosquée à Mohammadia, dans la banlieue d’Alger. Il sera accompagné par le ministre des Affaires religieuses Bouabdallah Ghoulamallah. Pour sa première visite en Algérie, Jack Straw rencontrera les membres de l’association des hommes d’affaires britanniques à Alger. Une occasion pour évoquer les relations économiques entre l’Algérie et la Grande-Bretagne, qui sont dominées par les hydrocarbures.

La compagnie pétrolière britannique BP exploite de nombreux gisements pétroliers et gaziers dans le sud du pays. C’est le plus grand investisseur étranger en Algérie avec 4 milliards de dollars. La compagnie pétrolière britannique s’intéresse également aux investissements algériens dans l’aval pétrolier. L’Algérie compte en effet investir plus de 13 milliards de dollars durant les cinq prochaines années dans la construction de nouvelles raffineries et la valorisation des hydrocarbures. Depuis quelques mois, le gaz algérien a repris le chemin de la Grande-Bretagne.

«L’Angleterre fait partie des premiers clients du gaz algérien. L’Algérie a commencé à y exporter du gaz en 1964. La Grande-Bretagne est un marché très intéressant pour l’Algérie», explique un spécialiste des questions énergétiques. Soucieuse de diversifier ses clients pour ne pas dépendre de l’Europe du Sud qui absorbe 90% de son gaz, l’Algérie mise beaucoup sur le marché britannique pour augmenter ses exportations de gaz naturel. «D’ici 2010, l’Algérie veut porter ses exportations de gaz de 60 milliards de m3 par an à 85 milliards de m3 par an. L’Europe cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement en énergie et l’Algérie cherche également de nouveaux marchés», ajoute le même spécialiste.

Les entreprises britanniques s’intéressent également au développement de la téléphonie et de la banque en Algérie. British Telecom suit de près la privatisation d’Algérie Télécom et la première banque européenne HSBC serait intéressée par l’ouverture du capital du CPA à travers sa filiale française CCF. L’amélioration des relations politiques entre les deux pays pourrait aider les entreprises britanniques à renforcer leur présence en Algérie. Le terrorisme et les questions politiques seront abordés dans les entretiens entre le chef de la diplomatie britannique et les hauts responsables algériens. Ce sujet est devenu incontournable lors des visites des hauts responsables occidentaux en Algérie.

Depuis les attentats du 11 septembre 2001, les pays occidentaux s’intéressent à l’expérience algérienne dans la lutte contre le terrorisme, mais aussi dans la gestion politique. Avec la présence d’une communauté musulmane sur son territoire et les attentats terroristes dans le métro, Londres accorde à la lutte antiterroriste une importance particulière. L’aide d’Alger pour maîtriser les réseaux terroristes activant en Grande-Bretagne est précieuse. Un autre dossier délicat entre les deux pays, l’extradition de Rafik Khalifa. Réfugié à Londres depuis 2003, le milliardaire algérien déchu y coule des jours heureux, alors que son procès à Alger est annoncé pour cette année. Londres s’est toujours réfugié derrière l’indépendance de la justice pour éviter de se prononcer clairement sur l’extradition de Rafik Khalifa, notamment.

La visite de Jack Straw à Alger intervient vingt-six ans après celle de la Reine Elisabeth II en 1980. Depuis, aucun responsable britannique de ce rang ne s’est déplacé en Algérie. Ces derniers mois, les relations politiques et économiques entre les deux pays ont repris d’une façon spectaculaire avec la visite à Alger de plusieurs délégations économiques et politiques britanniques. «On regarde l’Algérie à sa juste valeur, c’est-à-dire un important acteur dans la région et dans le monde mais aussi comme un important partenaire pour le Royaume-Uni dans les domaines de la politique, des affaires, de l’énergie...», a déclaré l’ambassadeur britannique en Algérie, Andrew Tesorière.






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