Réorganisation des cursus du post-obligatoire : Préciser les enjeux

Contre toute attente, le ministre de l’Enseignement et de la Formation professionnels vient de déclarer que son secteur ne recevra pas d’enseignants en provenance des lycées techniques.

Des propos largement commentés par la presse et non démentis à ce jour. Cette sortie impromptue est en décalage avec les engagements de son homologue de l’Education nationale. Ce dernier ne cesse de vulgariser – à des fins d’apaisement – la nouvelle réorganisation générale des cursus du post-obligatoire (après la 4eAM) telle que le stipule le rapport final de la Commission nationale de la réforme du système éducatif (CNRSE). Les déclarations médiatisées d’El Hadi Khaldi ont eu pour conséquence d’aggraver les inquiétudes légitimes des personnels des lycées techniques. Pour plus de précision, il y a lieu de souligner que ladite recommandation de la CNRSE stipule que l’enseignement technique se scinde en deux cursus. L’un est l’enseignement secondaire technologique qui demeure dans les lycées ; l’autre, l’enseignement professionnel, est dispensé dans des instituts d’enseignement professionnel, l’équivalent des Lycées professionnels français – le bac professionnel en moins, ce qui n’est pas une mauvaise chose. Cela signifie que des filières de l’enseignement technique seront transférées vers l’enseignement professionnel. En toute logique, leurs enseignants aussi le seront – à moins d’une reconversion – de même que les infrastructures. Toutefois, les garanties données par le ministre de l’Education nationale nécessitent une nouvelle réglementation, l’une des préoccupations de la commission mixte MEN-MEFP. Cette réorganisation des cursus du post-obligatoire est une tendance mondiale et notre pays a du retard dans ce domaine. Elle vise trois objectifs et non des moindres : — Revaloriser aux yeux de l’opinion publique des filières techniques de l’enseignement professionnel, et ce, grâce aux formations diplômantes (CAP, BEP1, BEP2 et BTS) qui peuvent mener leur titulaire à l’enseignement supérieur (ingéniorat). — Juguler la déperdition scolaire en instituant des passerelles d’orientation et de réorientation à partir de la 4eAM ou de l’une des trois années de l’enseignement technologique (Voir schéma). La nouveauté – elle est assez significative – réside dans la qualité des entrants à l’EP : ce ne sont pas les exclus des collèges qui y accèdent. — S’ouvrir sur le monde du travail via les stages pratiques en alternance. Ce contact avec le métier choisi constitue une source de motivation supplémentaire. Il facilite l’embauche et l’insertion du futur technicien. Il demeure que ces métiers fluctuent avec l’évolution des besoins de l’économie moderne d’où d’ailleurs l’indispensable adaptation rapide des filières dites techniques (certaines disparaissent et d’autres arrivent). Ce point précis mérite d’être compris pour bien comprendre la mutation/modernisation de l’enseignement technique. En théorie, cette réorganisation du post-obligatoire est séduisante. Mais comme toujours en Algérie, des questions taraudent les esprits. Est-ce que tous les moyens seront mis en œuvre pour lui donner l’efficacité voulue. A commencer par l’incontournable communication en direction des parents, des enseignants et des élèves. Elle évitera les incompréhensions et les malentendus et redonnera à l’enseignement professionnel (ce nouveau venu) toute sa valeur. Ainsi sera battue en brèche la tenace image dévalorisante qui tente de l’assimiler à tort à la vieille formation professionnelle des CFPA. L’enjeu est de taille. Il augure d’un total chamboulement des mœurs scolaires et appelle à une révolution des mentalités jusque-là ligotées par les images de jadis. Et dire que si le rapport de la CNRSE avait été médiatisé en son temps, l’Algérie aurait fait l’économie de ces angoisses vécues par la sympathique famille de l’enseignement technique. Un rapport qui vieillit dans les tiroirs de la Présidence. Il a cinq ans d’âge !






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