Algérie - Chiffres


Rapport annuel de la Banque d’Algérie, forte augmentation des transferts des capitaux.

Les sorties de capitaux ont enregistré « une forte augmentation » au cours de l’exercice écoulé, indique la Banque d’Algérie dans son rapport annuel pour 2005 rapporté par l’APS. Une augmentation dont ont profité les différents associés et partenaires étrangers activant en Algérie. Ce sont ainsi pas moins de 4,75 milliards de dollars qui ont été rapatriés en 2005 contre 3,12 milliards en 2004 et 2,2 milliards en 2003.

Les associés de Sonatrach viennent en tête des bénéficiaires avec 74,5 % des transferts. Un transfert de bénéfices qui n’est pas sans incidences sur l’économie nationale, d’après plusieurs experts économistes. Invité aux débats d’El Watan du 25 mai dernier, Smaïl Goumeziane, économiste et enseignant à l’université Paris-IX Dauphine, avait, rappelons-le, attiré l’attention des pouvoirs public sur la question en indiquant que, parallèlement à l’explosion de la croissance du secteur des hydrocarbures, « son fleuron, Sonatrach, doit se résoudre à partager les revenus correspondants avec les concurrents étrangers prospectant et produisant dans le Sahara ». Ce qui ne manquera pas d’accélérer la tendance des transferts de capitaux vers l’extérieur dans les années à venir. Une crainte qu’a partagée également Hamid Aït Amara, économiste, enseignant chercheur à l’université d’Alger, qui estime que « les profits exportés peuvent à terme menacer l’équilibre des comptes extérieurs ». Il citera à ce sujet un rapport 2005 de l’ONU sur les investissements directs étrangers (IDE) qui met en garde en indiquant que « les entrées de capitaux peuvent procurer des avantages, mais l’ampleur des sorties ultérieurs des bénéfices dégagés par l’investissement peut être considérable ». Dans bien des pays, souligne le chercheur, l’ampleur des transferts de profits dépasse l’entrée des capitaux au point même où l’IDE a remplacé la dette, d’où l’intérêt des pays comme l’Algérie, recommande-t-il, « de sélectionner les IDE qu’ils souhaitent recevoir, d’en mesurer les effets attendus, de déterminer les critères de choix de ces investissements ». S’agissant du commerce extérieur, le rapport de la banque des banques note que les exportations hors hydrocarbures, quoique toujours marquées par une « faiblesse structurelle », ont progressé en 2005, atteignant 790 millions de dollars contre 670 millions en 2004 et 470 millions en 2003. Les rapporteurs avertissent, sur ce dernier point, que la nécessaire amélioration de la compétitivité externe de l’économie « ne doit pas reposer uniquement sur la politique de taux de change conduite par la Banque d’Algérie ». Les importations ont par contre ralenti, en 2005, leur forte évolution constatée en 2004, n’augmentant que de 5 % en volume et de 2,06 milliards de dollars en valeur pour totaliser 19,57 milliards de dollars durant l’exercice précédent, malgré l’entrée en application, en septembre, des exonérations et/ou réductions des taxes douanières prévues par l’accord d’association avec l’Union européenne, constate le rapport. La hausse des importations de marchandises a touché en particulier les biens d’équipement et les biens intermédiaires qui totalisent à eux seuls 61,6 % des importations. Quant aux importations de services, elles ont augmenté de 19,7 % en 2005 (contre + 32,2 % en 2004), notamment dans les transports maritimes, les services techniques, le bâtiment-travaux publics et les transports aériens. Au chapitre de la balance des paiements, le rapport de la Banque d’Algérie indique que « son solde s’améliorait au fur et à mesure que les paiements des intérêts de la dette reculaient pour atteindre 1,1 milliard de dollars en 2005 contre 1,29 milliard en 2004 et 1,93 milliard en l’an 2000 ».

 



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