Algérie - Banques


Privatisations : le CPA prépare ses noces



Le capital du Crédit Populaire d’Algérie sera ouvert à hauteur de 51%. La décision a été prise il y a une semaine lors de la réunion du Conseil des participations de l’Etat (CPE). Le gouvernement veut un partenaire stratégique pour faire du CPA une grande banque à l’échelle régionale. Selon nos informations, le repreneur de la banque publique sera une banque de renommée mondiale. « La privatisation du CPA n’est pas une opération financière. L’Algérie ne manque pas de devises. Le gouvernement cherche un partenaire stratégique qui va faire de cette banque une grande banque à l’échelle nationale et régionale en améliorant sa gestion et ses résultats », explique une source proche du dossier.

Pour y arriver, le gouvernement va favoriser l’offre technique ou le projet industriel sur l’offre financière. Le sujet a été évoqué à plusieurs reprises entre les dirigeants des grandes banques étrangères intéressées par le CPA et les autorités algériennes. « C’est le projet industriel qui sera déterminant dans la privatisation du CPA. Si quelqu’un se présente avec un chèque bien rempli, il ne sera pas forcément favori. Le projet industriel contient surtout la stratégie du repreneur pour le développement du CPA et le maintien des postes d’emploi », affirme notre source. Pour y arriver, le gouvernement a, selon nos sources, opté pour une ouverture du capital en deux étapes. La première est destinée à écarter de la course toutes les petites banques et les candidats sans projets industriels, pour ouvrir la voie aux grandes banques. La seconde étape, en forme d’appel d’offres, servira à départager sur la base d’un cahier des charges, les banques retenues à l’issue de la première étape. « Cette méthode a été utilisée lors d’opérations similaires dans d’autres pays », explique une source bancaire.

Toute l’opération devrait s’achever en février, mais rien n’écarte un retard dans cet échéancier. « Pour le moment, le programme est respecté », affirme une source proche du dossier. L’appel à manifestation d’intérêt pour la présélection des candidats au rachat du CPA devrait être lancé dans les prochains jours. Plusieurs banques, une quarantaine, ont manifesté leur intérêt à racheter le CPA. « Il y a une différence entre manifester son intention et faire une offre », remarque un banquier. Fort de 12% du marché bancaire algérien, le CPA intéresse les plus grands groupes bancaires européens comme le britannique HSBC, l’espagnol Banco do Santander, les français Crédit Agricole, Société Générale et BNP Paribas. Ces deux derniers sont présents en Algérie avec des réseaux d’une vingtaine d’agences bancaires chacun. Le Crédit Agricole est également présent à travers sa filiale Calyon, une banque d’affaires. Le géant britannique BSBC compte ouvrir prochainement un bureau de représentation en Algérie. Les banques étrangères misent énormément sur le CPA et sa centaine d’agences bancaires pour prendre convenablement pied sur le marché bancaire algérien.

Le fort taux de croissance de l’économie algérienne, le faible taux de bancarisation, la forte demande sur les crédits à la consommation et les retards des banques publiques sont autant de facteurs qui rendent l’Algérie attractive aux banques étrangères, estiment des spécialistes.




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