Djelfa - Revue de Presse


Presse



Le chaud et le froid Les signes d?apaisement décelés dans les propos tenus au début de ce mois par le ministre de la Communication semblent être un mirage d?été. Nombreux étaient, en effet, ceux qui ont interprété le « ton mielleux » de Boudjemaâ Haïchour comme une « offre de paix » en direction de la corporation. Concrètement, rien n?a été encore décidé. Ce constat est d?autant plus vraisemblable que la cour de Djelfa a confirmé l?attitude jusqu?au-boutiste du Pouvoir, notamment dans l?affaire Hafnaoui Ghoul. Au moment où l?on s?attendait à l?atténuation de la peine prononcée contre ce militant des droits de l?homme, ou tout au moins la confirmation du premier jugement, la cour de Djelfa a, contre toute attente, alourdi cette peine en la portant à trois mois de prison ferme au lieu de deux. Cette attitude fait dire aux animateurs du comité national pour la libération de Benchicou et Hafnaoui que les autorités soufflent le chaud et le froid. Les membres de ce comité restent cependant optimistes quant à l?aboutissement de leurs actions. Mouali Rachid qui a été mandaté par le comité pour sensibiliser les organisations internationales d?avocats et de défense des droits de l?homme quant « au caractère arbitraire des deux condamnations », a dressé hier le bilan de ses sorties à l?étranger. Me Ouali a pris part au séminaire organisé les 18 et 19 juin dernier à Beyrouth par l?Union internationale des avocats avec le concours des barreaux de Beyrouth et de Tripoli (Libye) et ayant pour thème « Le secret bancaire et le blanchiment d?argent ». Devant une assistance composée essentiellement d?une pléiade d?avocats venus des quatre coins de la planète, Me Ouali a, dans son intervention, attiré l?attention des participants à ce séminaire sur l?agression que subit la presse en Algérie. « Préoccupé par la situation des libertés en Algérie, le président de cette organisation s?est proposé de saisir directement le président de la République », a déclaré hier Me Rachid Ouali. Selon ce dernier, les illustres avocats présents lors des travaux de ce séminaire se sont déclarés solidaires avec les journalistes emprisonnés et avec toute la famille de la presse algérienne. De Beyrouth, Me Ouali s?est dirigé directement à Damas. « Ici, je suis tombé fortuitement sur une manifestation de Syriens demandant la libération de prisonniers politiques. Malheureusement, cette manifestation, bien qu?elle soit pacifique et silencieuse, a été sévèrement réprimée par les forces de sécurité », affirme notre interlocuteur. Malgré un climat de forte tension, Me Ouali a pu s?entretenir longuement avec les initiateurs de cette manifestation qui sont pour la plupart d?anciens prisonniers politiques libérés récemment par l?actuel président. Le mandataire du comité national pour la libération des journalistes incarcérés a également alerté les participants à l?assemblée générale des bâtonniers de France et d?outre-mer qui s?est tenue le 2 juillet dernier à Marseille. En marge de la conférence de stage du barreau de Marseille, le président de cette conférence s?est engagé à saisir le président de la République, le chef du gouvernement et le ministre de la Justice, garde des Sceaux, ainsi que le président de la cour d?Alger pour « peser de tout leur poids afin de libérer les deux journalistes ». Si les ONG et autres associations de défense des droits de l?homme ont largement appuyé la cause des journalistes algériens, les gouvernements étrangers, bien qu?ils aient été saisis, n?ont soufflé mot sur la condamnation des deux journalistes. Même ceux qui ont eu à visiter récemment l?Algérie, notamment les ministres français, le Premier ministre espagnol et le secrétaire d?Etat américain chargé du dossier du Moyen-Orient et du Maghreb ont passé sous silence ou presque la situation des libertés en Algérie.




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