Algérie - Presse écrite


Presse: attente, écrits et chuchotements



Hachemi Djiar, ministre de la Communication, s’est longuement étalé, à l’émission « La question de l’heure » radiodiffusée par la chaîne 3, sur les problèmes rencontrés par la presse, tous secteurs confondus, et les solutions préconisées par l’Etat pour y remédier. D’emblée, le ministre a fait un long rappel sur l’évolution de la presse algérienne depuis l’indépendance et jusqu’à ce jour. En présence de confrères de la presse écrite, M. Djiar a d’abord dressé un état des lieux, avant de répondre aux questions des journalistes ayant trait à tout ce qui touche de près ou de loin au secteur en question. « Si le président de la République a décidé de scinder le ministère de la Culture et de la Communication, c’est uniquement dans le souci de redonner une identité au secteur de la communication qui est resté sans ministre pendant une année », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que depuis sa nomination à la tête de ce ministère, il s’est attelé, après un long débat avec les professionnels du secteur, à établir un diagnostic à partir des données existantes et à élaborer ensuite une stratégie de redressement.

Sur un autre volet, le ministre a insisté sur la mise à niveau de la presse publique, qui « a été véritablement fragilisée par l’ouverture du champ médiatique intervenue en 1990 ». C’est l’une de ses priorités car, enchaînera-t-il, « les incidences ont été graves vu le départ des journalistes vers le secteur privé, d’un côté, mais surtout à cause de la séparation de l’impression et de l’édition », de l’autre. La mise à niveau entre la presse publique et la presse privée entre, selon le ministre, dans les objectifs à court terme. « Il n’est pas normal que les 6 journaux publics représentent 6% du tirage, alors que 6 journaux privés représentent à eux seuls 60% du tirage ».

La question de l’ouverture du secteur audiovisuel a elle aussi été soulevée. A ce sujet, M. Djiar s’est montré catégorique, même si les confrères ont insisté sur l’exemple de nos voisins tunisiens et marocains dont l’ouverture s’est opérée depuis un bon moment. « Il n’y aura pas d’ouverture du champ audiovisuel tant que le pays vit toujours en transition, car celle-ci doit se préparer mûrement ». Pour étayer ses dires, M. Djiar a cité comme exemple l’effondrement des entreprises publiques victimes d’une libéralisation anarchique.

La restructuration de ce secteur est à l’ordre du jour, même si la tutelle donne la priorité d’abord à l’évaluation des choses avant de passer à une étape supérieure. « Encore une fois, on va évaluer la situation, élaborer, d’ici le mois de septembre, un plan de redressement et par conséquent se préparer à toute éventualité dans l’avenir », a-t-il souligné.

Revenant sur la dette contractée par la presse écrite, le ministre ne s’est pas encombré de détails en affirmant: « A quelques exceptions près, tous les journaux ont des dettes, même si ceux-ci continuent de vivre de l’aide publique ». A ce propos, il insistera sur l’aide de 100 milliards dégagée en 2001 par le président de la République et qui consiste en le soutien du prix du papier. Le responsable du secteur de la communication a, par ailleurs, évoqué le fonds d’aide à la presse qui n’a toujours pas été débloqué. «Ce fonds sera utilisé pour des actions d’intérêt général, c’est-à-dire pour la formation des journalistes et la création de coopératives de distribution », a-t-il expliqué. Il a éludé, par la suite, l’épineux problème de la distribution équitable de la manne publicitaire publique en déclarant: « S’il y a des lacunes à ce sujet, il faut les traiter », sans s’étaler sur un sujet qui a soulevé le courroux de certains éditeurs qui souvent crient à la « hogra ». Sur l’élaboration d’une nouvelle loi sur l’information et la dépénalisation des délits de presse, le ministre a souligné que la loi en vigueur est récente (15 ans). « Malgré nos divergences et quelles que soient nos opinions, il faut d’abord établir sereinement une évaluation de ce texte ». Dans ce contexte, il dira: « En 44 ans, il y a eu deux lois. Celle de 1982 a été abrogée en 1990. La nouvelle loi, qui reste toujours en vigueur, a consacré le libre exercice de l’information, a permis de débloquer la situation et elle a astreint les pouvoirs publics à aider la création de la presse privée ». Enfin, et selon M. Djiar, les dispositions de l’article 78 ne touchent pas uniquement les journalistes, mais elles posent des balises pour crédibiliser la presse, même s’il reconnaît que la dite loi n’est pas parfaite. « Pour l’heure, cette loi est libérale, en attendant sa révision ».

Concernant le code pénal qui date de 1966 et qui a été amendé en 2001, le ministre abondera dans le même sens. « Ce code n’a pas été amendé pour museler la presse. Pour preuve, sur 200 affaires présentées devant la justice, 1% de journalistes ont été condamnés pour délit de presse ». Et de conclure: « Le pays progresse dans tous les secteurs, il n’y a pas de raison pour que, tôt ou tard, ces textes n’évoluent pas ».

 






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