Algérie - Energie


Pour l'Europe, L’Espagne se veut la «porte d’entrée» de l’Algérie

Le ministre des Affaires étrangères espagnol nourrit de grandes ambitions autour du gaz algérien. Les aspects économiques sont importants mais la question politique n’est pas absente d’un souci européen de réduire sa dépendance à l’égard de la Russie.

Un «accord préférentiel» dans le domaine de l’énergie entre l’Algérie et l’Espagne. Tel est le souhait exprimé par le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angle Moratinos, dans une interview publiée, hier, par le journal économique «Cinqo Dias». En fait, c’est plus qu’un souhait puisque le ministre espagnol a indiqué que son gouvernement agissait déjà en ce sens. «Le gouvernement espagnol travaille pour parvenir à un accord préférentiel avec l’Algérie en matière énergétique. Nous voulons être sa porte d’entrée vers l’Europe et nous créerons une interconnexion gazière avec la France qui nous donnera un important levier politique à l’avenir». Tel est le programme ambitieux que se donne le gouvernement espagnol en cherchant à approfondir la coopération et le partenariat avec l’Algérie. L’ambition espagnole rejoint, en fait, des inquiétudes exprimées en Europe au sujet de sa dépendance de ses approvisionnements en gaz à l’égard de la Russie. Inquiétude aggravée par le fait que le géant Gazprom paraît aux Européens, susceptible d’être utilisé comme un instrument politique par le Kremlin. La diversification des approvisionnements est donc une option lourde des Européens et c’est sans doute à ce niveau que le ministre espagnol considère que la création d’une interconnexion gazière avec la France constituera un «levier politique» pour l’avenir. On peut ajouter également que plus la densification des échanges avec l’Algérie prendra de l’importance et moins sera fondée l’appréhension -exprimée déjà- au sujet de la création d’un «cartel du gaz» entre Sonatrach et Gazprom. Cette déclaration de Moratinos intervient après sa visite à Alger, au début du mois, en compagnie de Maria Teresa De La Vega, vice-présidente du gouvernement espagnol. Celle-ci avait annoncé que les deux pays allaient oeuvrer à l’instauration d’un «partenariat énergétique stratégique» au niveau tant bilatéral, qu’africain et européen. Un but qui a déjà un début de réalité. Non seulement l’Algérie fournit une bonne partie du gaz à l’Espagne (20%) des besoins mais le projet Medgaz entre l’Algérie et l’Espagne est en cours de réalisation et pourrait être opérationnel en 2009. L’interconnexion gazière avec la France est d’autant plus logique que Gaz de France s’est impliqué directement dans le financement du Medgaz à hauteur de 12% sur les 640 millions d’euros d’investissement du projet. Le gouvernement espagnol a, d’ailleurs, pris la décision, au mois de février dernier, de classer le gazoduc Medgaz parmi les projets prioritaires. Rappelons qu’outre Sonatrach et les deux entreprises espagnoles, Cespa et Endesa, d’autres entreprises européennes, comme Eni, BP et Gaz de France, participent à Medgaz. Ce raccordement via l’Espagne est renforcé par la relance du projet du deuxième gazoduc (le Galsi) vers l’Italie via la Sardaigne. Dans l’aspect africain évoqué par le ministre espagnol, on pense immédiatement au grand projet de gazoduc transsaharien entre le Nigéria et l’Algérie dont une étude récente a conclu à sa rentabilité. Le gazoduc -un investissement de 10 milliards de dollars- devrait permettre, via l’Espagne, la couverture à partir de 2015 d’une partie de la demande européenne. On se retrouve donc, au sud de l’Europe, via l’Algérie, des investissements lourds qui doivent, à moyen terme, satisfaire une bonne partie de la demande européenne. Si l’Europe ne peut se passer de la Russie dans ses approvisionnements énergétiques, l’entrée en activité des différents projets qui partent de l’Algérie ou transitent par elle, va lui permettre de rééquilibrer la situation.






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