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Où sont passés les cinq touristes allemands ?

Polémique autour d?une disparition Les cinq touristes allemands, portés disparus depuis mercredi dernier dans la région de Djanet et dont nos confrères Liberté et El Khabar se sont fait l?écho, hier, n?ont pas été retrouvés, à la différence d?une dépêche de l?AFP qui, citant le ministre du Tourisme, Mohamed Seghir Kara, a indiqué le contraire. L?agence française s?est basée sur une déclaration d?un membre du gouvernement qui aurait déclaré dans les coulisses du Conseil de la nation que les ressortissants étrangers ont été retrouvés à 200 km de Djanet et qu?ils seraient sains et saufs. Dans un courrier adressé au directeur de l?AFP, dont une copie nous a été adressée hier en début de soirée, le ministère du Tourisme tient fermement à « apporter un démenti catégorique à cette information ». Le département de M. Kara ajoute que, « toutefois, il se trouve qu?en marge de la séance plénière du Conseil de la nation, des propos en vrac auraient été avancés et qui auraient été attribués par erreur à Monsieur le ministre ». Des sources concordantes avancent, de leur côté, que les propos attribués au ministre « ont été avancés par le sénateur d?Illizi ». Celui-ci, ajoutent-ils, était aux côtés du ministre lorsque ce dernier a été interpellé par la presse. Cependant, des reporters de la presse indépendante, chargés de couvrir la session de la chambre haute, affirment mordicus que M. Kara a bel et bien déclaré que l?incident de Djanet avait trouvé son épilogue, se branchant ainsi sur la même longueur d?onde que le correspondant de l?agence française de presse. Le ministre est-il allé vite en besogne, ou bien a-t-il été « mal compris », comme le souligne le communiqué ministériel ? Ce qui est certain, cependant, c?est que les cinq touristes ont « faussé compagnie » à leur guide mis à leur disposition par une agence de voyages basée à Oued Souf. Ce qui est en soit une « désertion délibérée », pour le moins « incompréhensible », selon une source sécuritaire. « Pourquoi se sont-ils séparés de leur guide d?autant que la zone censée être visitée n?est autre qu?une immensité désertique dont les méandres, faut-il le signaler, ne sont connus que par les seuls autochtones », relève la même source. Ces touristes sont entrés légalement en territoire algérien, le 11 novembre 2004, à bord de deux véhicules tout-terrain, à partir du poste frontalier Taleb Larbi, non loin de Oued Souf, avons-nous appris de source sûre. Ils ont pris attache avec l?agence de voyages Chena afin qu?ils soient « guidés » vers la zone de Tadrart. « Nous souhaitons gagner cette zone dans un but touristique », avaient-ils indiqué au guide. Ils ont passé d?abord la nuit à In Amenas puis à Illizi avant de solliciter leur compagnon algérien de les emmener dans la région de Tadrart. Une immensité désertique parsemée de curiosités touristiques (gravures rupestres) qui s?étend jusqu?en Libye. S?étant rendu compte de la « disparition » de ses clients, le guide a alerté à la gendarmerie. Ce corps de sécurité a enclenché immédiatement les recherches. S?il est prématuré de lier cette disparition à un quelconque acte terroriste, cette « escapade » serait néanmoins liée, selon les services de sécurité, au trafic de vestiges historiques « qui sévit avec acuité dans cette région plus vaste que la France ». Les responsables du parc du Tassili ont de tout temps crié au pillage de pierres « gravées ». Ces actes sont imputables, selon les mêmes responsables, aux « pseudo-touristes » qui « viennent piller le Tassili n?Ajjer où existent des vestiges historiques datant de plusieurs dizaines de milliers d?années. Ces ?uvres préhistoriques sont reprises à un prix fort par des receleurs européens », selon un expert. Pour rappel, 32 Européens avaient été enlevés par les terroristes du GSPC, avant d?être libérés. Les autorités algériennes avaient mis plus de 7000 personnes, dont 5000 soldats, pour retrouver ces touristes portés disparus dans le triangle Ouargla-Djanet-Tamanrasset (800 km au sud, 1700 km au sud-est et 1900 km au sud d?Alger). A l?issue de cette affaire, pour rappel, le gouvernement algérien avait sommé les touristes étrangers à ne pas s?aventurer en solo dans le Grand Sud, préconisant ainsi l?assistance des agences de voyages sans compter le fait qu?ils (les touristes) doivent approcher les forces de sécurité algériennes afin de « sécuriser absolument » leur séjour. Le ministère allemand des Affaires étrangères met depuis longtemps en garde ses concitoyens contre des voyages dans les régions au sud des villes de Béchar, de Ghardaïa et de Touggourt. Pour sa part, le ministère français des Affaires étrangères conseille à ses concitoyens de se rendre en Algérie via l?aéroport Houari Boumediène d?Alger tout en reconnaissant que le site est hautement sécurisé. Le Quai d?Orsay recommande, par ailleurs, des adresses « sûres », à l?exemple de l?Office national du tourisme (ONT), en cas de séjour touristique en Algérie.


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