Algérie - Revue de Presse


Oran-Concert classique d?Amel Brahim-Djelloul



Un hymne à l?amour à El Bahia Auparavant, elle a eu tout le loisir de séduire un public qui a rempli la salle de l?ancien opéra d?Oran baptisé Abdelkader Alloula et à laquelle elle a redonné vie. « Je suis très heureuse de revenir en Algérie, c?est la première fois de ma vie que je viens à Oran et je suis très heureuse », dira-t-elle juste après son apparition sur la scène moulée dans une robe rouge. Elle déclare aussi être très contente de faire le voyage avec des personnes qui ont beaucoup compté dans sa formation musicale en pensant à Malcolm Walker (baryton), son partenaire pour les duos et à Catherine Daiprés, pianiste, avec lesquels a été monté ce récital varié intitulé Découverte. Elle commence sa prestation avec l?interprétation du personnage Laura (Alma grande e nobile core) d?après Mozart, le célèbre musicien pour lequel a été consacrée toute la première partie du spectacle. « C?est le rôle d?un personnage, femme prétentieuse », explique-t-elle au public, d?abord curieux puis séduit par la capacité de la jeune femme à s?habiller d?un costume culturel qui n?est pas forcément le sien à l?origine. Mais la musique ne se reconnaît pas de frontières et Malcolm Walker, qui s?est dit très heureux de découvrir l?Algérie et Oran pour la première fois, a simplement annoncé sous les applaudissements : « Nous avons l?honneur de travailler avec Amel. C?est un cadeau. » C?est d?ailleurs lui-même qui informera le public que la soprano algérienne va incarner le rôle titre de Véronique de A. Messager au théâtre du Châtelet à Paris. Il interprétera en solo Io Ti Lascio, toujours selon Mozart, en tentant d?expliquer ou de traduire le thème du passage qu?il devait incarner : « Je te quitte, retrouve ta liberté, en dehors de moi tu seras heureuse... » « Ce n?est pas très gai », avoue-t-il. Le premier duo concerne un passage des Noces de Figaro avec les personnages de Suzanne et le Comte Crudel. Les thèmes de l?amour à l?ancienne, ses joies et ses peines, se succéderont avec Despina, la jeune servante au courant des choses de la vie, de Pamina et Papageno l?oiseleur, d?après La flûte enchantée. Pour ce dernier cas les artistes considéreront que c?est là un éloge de l?union homme et femme. Deux personnages issus de milieux différents qui impriment à cette ?uvre un cachet « assez philosophique », ironisent-ils. L?effet dramatique est par contre poussé à son comble avec Pamina, lorsque « celle-ci croit à un moment que son amoureux ne veut plus d?elle et que la seule solution pour elle est la mort ». L?expression du visage de la soprano a donné à ce passage un sombre tableau, encore plus d?effet en étirant la dernière note. A propos de notes, le baryton déplore le fait de ne pas savoir jouer de la mandoline. Son rôle dans le prochain passage, un air de Don Giovani, exigeait de lui une sérénade pour séduire Zerlina. Lui se croit tout permis avec les jeunes filles et elle hésite entre oui et non mais « finit par céder », précise-t-on. C?était juste avant la pause d?une dizaine de minutes. La seconde partie a été entamée par des pièces de F. Salvador-Daniel qui a vécu en Algérie, un pays qui l?a, selon Amel, fortement inspiré. Elle s?est dite particulièrement sensible à la mélodie de Zohra (chanté en duo) et elle s?en émeut à chaque fois qu?elle l?interprète un peu partout dans le monde. Son partenaire a eu à interpréter en solo Stamboul, une mélodie inspirée d?un chant spécifique à la Kabylie. Il s?est présenté avec sa partition avant d?annoncer, non sans une touche d?ironie, « j?ai encore des progrès à faire ». On passe ensuite à un « registre plus léger » avec Manon qui découvre la vie parisienne pour la première fois (J. Massenet), puis avec Véronique (A. Messager). Avec Don Quichotte et Dulcinée (M. Ravel), il s?agit de montrer les trois aspects d?un même personnage, romanesque, épique, etc. La troisième partie du spectacle est consacrée au mythique Broadway. Alors que la soprano demande au public de rêver avec elle dans Dream with me (Peter Pan) de L. Bernstein, Walker rêve d?une soirée enchantée avec Some Enchanted evening (South pacific) de R. Rodgers. La clôture en apothéose est un extrait de West side story, Tonight tonight. Ils chantent ensemble The world is full of light / The world is falling right.




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