Algérie - Revue de Presse


Occupation

Jusqu?à la fin de l?année dernière, Ban Ki Moon était ministre des Affaires étrangères de la République de Corée. Il pouvait donc s?exprimer au nom de son pays et défendre ses choix et ses alliances. Ramenées à ses nouvelles fonctions de secrétaire général de l?ONU qu?il assure depuis le 1er janvier, ces attributions ne sont plus les mêmes puisqu?elles deviennent celles que lui octroie la charte de l?organisation internationale, et se faire le porte-parole de tous ses Etats membres, et pas de quelques-uns. A ce titre, il n?avait pas le droit de parler des Palestiniens comme il vient de le faire. Il a en effet jugé « décevante » la déclaration faite par le Premier ministre palestinien lors de la cérémonie d?investiture. Et pourtant, Ismail Haniyeh n?a fait que reprendre le programme de son parti, le Hamas, connu pour être un mouvement de libération. Et à ce titre, il était normal pour lui de revendiquer le droit à la résistance, qui lui est, au demeurant, reconnu par ce qui tient lieu de droit international. Il ne s?agit pas de réécrire l?histoire, mais les Palestiniens vivent sous occupation israélienne depuis des décennies, et ce n?est pas parce qu?Israël et certains de ses alliés qualifient de terroristes tous ceux qui s?opposent à leur politique que l?ONU doit faire siens de tels choix. « Les premières informations venant de ce gouvernement d?unité nationale semblent un peu décevantes », a déclaré M. Ban dans une interview diffusée dimanche soir par la radio Voice of America. Difficile aussi de passer sur la manière avec l?expression « ce gouvernement », mais les spécialistes relèvent que l?ONU avait commis une grave erreur en décidant de siéger dans ce qui allait être le quartette international, un cadre qui ne s?est jamais mis en adéquation avec les résolutions internationales sur le conflit du Proche-Orient. Elle aurait donc dû et pu puisque rien ne l?empêche de revendiquer sa différence. Elle a raté l?occasion de le faire, ce qui est dommageable pour son image, même si par ailleurs elle fait comme qui dirait de la résistance à propos de certaines questions liées à l?occupation israélienne, comme l?annexion de nouveaux territoires palestiniens, le mur de séparation israélien, ou encore le volet strictement humanitaire, dont elle a la charge avec l?UNRWA, elle-même dépendant de donateurs. Ban Ki Moon n?avait donc pas à juger des discours qui s?inspirent du droit des peuples à la libération, mais aider ces derniers à recouvrer le droit à l?existence, et mettre fin à leurs souffrances en combattant toutes les formes de domination.




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