Algérie - Pollution


Nacer Messene. Chercheur au centre nucléaire de Birine (Djelfa) : « Nous pouvons désormais déterminer l’origine du sable »

C’est suite au phénomène d’envahissement du sable hors de ses zones naturelles, tel qu’à Aïn Ouessara, M’sila, Barika et Naâma, dans les années 1980, que l’idée d’une quantification du sable en transit a germé. En 1997, une équipe de sept chercheurs algériens coordonnés par Nacer Messene, maître de recherche au centre de recherche nucléaire de Birine (Djelfa) a été constituée pour mener à bien un projet de recherche sur l’érosion éolienne dans les Hauts-Plateaux financé par le Centre de recherche scientifique et technique sur les régions arides (CRSTRA).

Quel est le but de ce dispositif ?

Dès le lancement de notre projet de recherche, nous nous sommes heurtés à deux problèmes, le premier est que l’Organisation mondiale de météorologie (OMM) ne reconnaît pas la quantification du sable en transit éolien comme paramètre de mesure par le réseau conventionnel. La question n’est pas encore résolue. Le second problème est l’absence d’un appareil de quantification du sable. Il va sans dire que sans quantification, il est impossible de corriger les erreurs d’observation sur le terrain ni orienter les travaux de lutte contre l’érosion, donc on s’est proposés de concevoir et fabriquer un dispositif qui permette cette quantification et l’aventure a commencé. Le projet a pris trois ans en tout et après que le bureau d’études du centre de recherche nucléaire de Birine à Djelfa ait achevé l’étude en 1998, la réalisation s’est faite dans les ateliers de Poval à Berrouaghia puis, le Qumsat a été installé pendant deux ans dans une station expérimentale à Benhar, dans la wilaya de Djelfa, qui se trouve sur un couloir éolien.

Donc il y a eu enfin quantification du sable en transit éolien

Notre appareil a reçu le sable en transit entre 1998 et 2000, date à laquelle nous avons pu exploiter les résultats des mesures effectuées et déterminer les vents saisonniers et annuels efficaces grâce à des analyses morphoscopiques et granulométriques. Nous pouvons désormais déterminer l’origine du sable et son mode de transport.

Mais encore, quelle a été la suite donnée à votre création par les pouvoirs publics, puisque c’est un outil d’aide à la décision, selon vous ?

Les choses se font doucement mais sûrement j’espère. Il y a deux ans, au forum du Fored 1 à Alger, des opérateurs représentant différents secteurs économiques, d’aménagement du territoire et même stratégiques concernés par l’ensablement se sont intéressés à nos résultats pour son exploitation dans la prévention du phénomène. Un atelier a été créé depuis pour étudier la possibilité de la mise en place d’un réseau national d’observation des phénomènes liés au sable et à l’ensablement et afin de permettre aux différentes parties intéressées de poser leurs problèmes spécifiques et leur vision des choses, nous avons organisé ces journées d’étude et de sensibilisation, soldées par la proposition de la mise en place d’un observatoire national de la désertification, de la sécheresse et de l’ensablement.




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