Algérie - Revue de Presse


N?Soumeur en tamazight

Belle et rebelle Jouée en kabyle, la pièce a eu dès l?abord les faveurs subjectives et spontanées du public.La version amazighe de Fadhma n?Summeur, pièce de Omar Fetmouche avec laquelle il inaugure son règne à la tête du théâtre régionale de Béjaïa, est reçue comme la version originale par le public de la générale présentée dimanche dernier. Ni la date anniversaire du 1er Novembre ni tout ce qui se dit et se fait en ce moment par rapport à la Jeanne d?Arc du Djurdura, dixit en son temps l?admiratif maréchal Randon, ne pouvaient laisser réduire le spectacle au seul cadre des planches. La fille des Soumeur est au goût du jour depuis que le ministère de la Culture a décidé qu?un travail colossal lui soit consacré, et on sait depuis le début du Ramadhan le feuilleton controversé et franchement chami qui a couronné le tralala. Mais revenons aux planches de Béjaïa. L?histoire de la version présentée avant-hier est celle d?un travail marathonien et risqué que le nouveau responsable du TRB a entrepris avec les éléments locaux depuis près d?un mois. Il a fallu donc rassembler des comédiens, en projeter quelques-uns pour la première fois sur les planches, peaufiner la traduction du texte, puisque la pièce a été montée une première fois à Boumerdès par le même Fetmouche,... pour être au rendez-vous de cette veille du 1er Novembre. Le résultat des courses est un spectacle assez leste, mais sans doute en deçà de l?énergie que le texte, la mise en scène et les événements qui les ont inspirés, pouvaient insuffler et organiser. Omar Fetmouche qui s?est entouré à l?occasion du metteur en scène Djamel Abdelli et des comédiens Naïma Khima, Mouhand Latrèche et Kheireddine Amroune, tous issus du théâtre de Béjaïa, pour la mise en scène, a joué sur le double registre du statut de la femme et de l?histoire des insurrections nationales. Défi relevé On verra une Fadhma n?Soumeur vouée à son destin tourmenté de femme rebelle, face à l?autorité du père, du frère et du clan, en des tableaux qui se sont suivis sans réelles saillies et sans grande fluidité. C?est à ce niveau que pouvait se voir le plus le manque de temps et de préparation subis en amont de la représentation, qui plus est quand on a une quarantaine de comédiens, jeunes et inexpérimentés pour la plupart, à mener et à organiser. Le texte qui tente également un dimensionnement du personnage, épais de l?épaisseur de la légende, à hauteur de femmes, croqué sans trop d?emphase dramatique, faillit un peu à cette logique quand il projette le personnage dans la noria des événements historiques. Il faut reconnaître, il est vraie que c?est là une ?uvre de célébration et d?exaltation justement, comme le rappellera souvent un ch?ur féminin réglé à la gloire de Lalla Fadhma. Une succession de corps à corps avec l?ennemi en de bruyantes scènes, qui ont péché soit par le chiche soit par l?excès, a fait l?affaire puisque ayant impressionné et ému un public très peu habitué à des planches aussi peuplées. La jeune garde, malgré certains trous de mémoire qui seront sans doute comblés, a bien tenu le coup, voire parfois agréablement surpris, avec une Fadhma n?Summer plutôt bien campée par la trop jeune Hamida Agnana. Une mention particulière peut-être pour le décor, fonctionnel à souhait sans trop sacrifier l?esthétique et le pouvoir de suggestion. Djamel Abdelli, qui n?en finissait pas de pousser ses ouf ! de soulagement après la générale, promet que tout ira mieux lors des prochaines représentations, celle notamment prévue après le Ramadhan.

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