Alger - Revue de Presse


Musique-Détresse humaine de Mohamed Mokhtari



Ne tirez pas sur le violoniste Un cri de détresse humaine haut et fort ! Comme ultime écho à sa souffrance, car écorché vif. Mohamed Mokhtari est victime d?une exclusion ne voulant guère dire son nom. Il a conçu une émission musicale d?une heure renfermant des orchestrations puisées du terroir algérien, ce qui a nécessité trois mois de préparation, qui est l?objet d?une « omission », voire d?une « censure mélomane » de l?ENTV quant à sa programmation. « On ne veut pas passer mon programme sur l?ENTV sous prétexte qu?il n?est pas aux normes internationales. Mais, en fait, c?est un mépris et une humiliation. On ne peut pas le refaire. Le seul juge est le public, le téléspectateur. Je suis ballotté. Le directeur de l?ENTV m?a reçu deux ans après ma demande. Moi, je demande que l?on diffuse ce programme et non pas à des heures indues comme à 6h. Là, c?est un autre mépris... La seule personne qui m?a ouvert les portes, c?est le DG de l?ENRS, Azzedine Mihoubi, pour ses projets de concerts et édition. » De front, Mohamed Mokhtari en tant que violoniste, arrangeur et compositeur, a un projet musical de grande envergure qui ne trouve pas « preneur » chez les décideurs culturels. Il s?agit d?une symphonie intitulée Djurdjura. Un hommage mélomane et classique à la poésie et musique berbères et kabyles à travers le répertoire de Slimane Azem, Mohamed Iguerbouchène, Cheikh Noureddine, Taleb Rabah, Idir, Khaloui Lounès et Matoub Lounès, avec une introduction de Mozart (Petite musique de nuit). Aussi l?appel est lancé. « Je voudrais avoir l?approbation et l?accord pour ce projet. Pour honorer la musique berbère dite kabyle. Il faut un budget pour cela. On a besoin d?encouragements. J?ai lancé un appel à la ministre de la Culture et au président de la République pour m?aider, en vain. Mon SOS est resté lettre morte... », alertera-t-il non sans amertume. De surcroît, une entreprise courageuse et méritoire malgré un handicap de motricité, celui dénommé « la crampe des violonistes ». Mohamed Mokhtari souffre de cette maladie professionnelle depuis 1997. « J?ai vu des spécialistes à Alger qui m?ont conseillé de me soigner à l?hôpital Salpêtrière de Paris où cette maladie est traitée. Cependant, la journée coûte 715 euros par jour. Pour ces soins, il faudrait une semaine d?hospitalisation. Et puis, les frais ont augmenté depuis. Je lance un SOS à qui de droit pour me sauver... », confiera-t-il. Mohamed Mokhtari perçoit une retraite de 9000 DA et a une famille nombreuse à charge. « Je vis une grande hogra (injustice) dans mon pays. Ce n?est pas de l?aumône ! » Ne tirez pas encore sur le violoniste !




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