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Mostaganem. Rush vers la côte est Une transhumance hebdomadaire exaltante

Longtemps réservée aux connaisseurs, la côte mostaganemoise se réveille non sans peine de sa trop longue torpeur. S’étalant sur plus de 120 km, depuis l’embouchure de la Mactaâ à l’ouest jusqu’aux confins d’El Bahara à l’est, la bande côtière continuait de garder jalousement ses secrets.
Très mal desservie par la RN11 qui la traverse de part en part, la région offre aux visiteurs de multiples paysages où couleurs et senteurs se complètent dans un panel étonnant de diversité. Même si elles ont toutes en partage le bleu de la mer, criques minuscules savamment encastrées dans la roche rebelle et plages au sable doux se succèdent sans jamais verser dans le mimétisme. Si Jusqu’à la dernière saison estivale, les vacanciers avaient pris l’habitude d’envahir les plages les plus en vue, à l’instar de Sidi Mansour dont l’accès aura été fortement amélioré au grand bonheur des visiteurs occasionnels ou des Sablettes et Ouréah qui n’ont aucune peine à figurer à parité au palmarès des fréquentations. Accueillant jusque-là des estivants d’origines diverses, ces plages n’étaient que très rarement fréquentées par les amateurs du coin qui choisiront l’embouchure de l’oued Chelîff. Une destination qu’ils ne seront plus seuls à privilégier depuis pratiquement une année. En effet, avec le retour des beaux jours, toute la côte-est sera littéralement envahie par un nombre incalculable de vacanciers exceptionnels, dont le seul point commun se résume à venir se baigner une fois par semaine. Généralement durant le jour de repos hebdomadaire, lorsque une cohorte de véhicules de tous types converge vers la région située entre l’embouchure du Chellif et la commune de Ouled Boughalem dont la splendide plage de Bahara se prolonge sans discontinuer vers la wilaya de Chlef. Cette arrivée massive de ces vacanciers du week-end prendra au dépourvu non seulement les vacanciers et les populations autochtones mais également la totalité du réseau routier qui s’avérera totalement obsolète. C’est pourquoi, tous les vendredis, depuis la première clarté matinale jusqu’aux dernières lueurs du soir, des files interrompues de véhicules se rueront sur l’étroit macadam de la RN11. Qui aura conservé les caractéristiques d’une route secondaire, malgré les rares tentatives d’apporter quelques corrections aux nombreux virages qui la jalonnent depuis les temps immémoriaux. Un retard considérable, eut égard au trafic qu’elle supporte non sans peine ; d’autant que les travaux d’élargissement en cours tardent à se concrétiser. Cela, en dépit des doléances persistantes des élus et des populations de la région qui n’ont pas cessé de réclamer une véritable opération d’envergure afin de permettre une meilleure fluidité du trafic et une réduction significative du nombre d’accidents dont certains tronçons gardent encore les stigmates. Mais le pire est devant nous, comme le soulignera cet élu de Hadjadj qui aura perdu dans ces virages abruptes, deux membres de sa famille. En effet, si durant la matinée, les arrivées se font dans une ambiance relativement festive, il n’en est pas de même lors du retour. En plus des inévitables immigrés originaires de la région, ces adeptes d’un tourisme populaire-éclair viennent de Saïda, de Mascara, de Relizane, de Tiaret et le plus surprenant de Chlef, qui possède sa propre façade maritime, ainsi que d’Oran qui offre le plus fort contingent.

Une éblouissante côte sauvage

Ceux originaires du centre du pays ne sont pas en reste. Alger et Boumerdès étant fortement représentées. N’hésitant pas à braver la chaleur sur de longues distances tout juste pour avaler goulûment l’air marin et se laisser couler dans cette eau réparatrice de tous les maux. Se gavant de soleil et de victuailles, ne perdant aucun instant pour se fendre dans ces eaux claires à souhait, ils oublient pour un temps que le véritable calvaire ne commencera qu’en fin de journée. On ne peut que les comprendre, car après avoir parcouru des centaines de kilomètres, l’ultime délivrance reste le sacré premier plongeon. Lorsqu’il faudra se résigner à prendre le chemin du retour. Avec en prime de nombreuses courbatures et les premières manifestations des brûlures du soleil. En effet, après avoir goûté aux plaisirs du farniente – dont certain pour la première fois de leur vie – il n’est pas facile de s’en détacher. C’est ainsi que tout ce monde va se donner rendez-vous au moment où le soleil commence à se rapprocher de la ligne d’horizon. C’est à l’instant magique du crépuscule que ce flot insaisissable de vacanciers finira par se rendre à la raison pour affronter un chaotique et harassant retour. Instant maudit pour tous les usagers de cette route exsangue qui peine à supporter un flux sans cesse grandissant. Une véritable transhumance « dominicale »qui ne s’estompera que bien tard dans la soirée. Laissant le soin aux usagers autochtones de s’y adapter en évitant simplement de prendre la route. S’il est vrai que la griserie du bain de mer ou de soleil autorise toutes les extravagances, il est temps de songer à aménager la route qui y mène. Car manifestement, cette côte éblouissante n’en finit plus de se faire des adeptes. Au lieu de s’en plaindre, comme le font la plupart des habitants de la région, il serait plus sage de s’en accommoder. A condition d’y mettre les moyens. Tous les moyens ; y compris ceux nécessaires à son dédoublement en lieu et place des petites corrections dont les travaux viennent à peine d’être lancés. Car malgré tous ces inconvénients, cette côte encore à l’état sauvage – probablement à cause de cela aussi mais également en raison de sa proximité d’avec la grande et populeuse métropole oranaise – est appelée à l’avenir à accueillir plus de monde. De sérieuses difficultés en perspective mais également un essor économique certain pour cette région encore enclavée qui attend impatiemment sa part d’un développement durable équitable. Qui mettraitdes plages au noms si évocateurs – à l’instar de Chaïbia et de ses ruines d’antiques, d’Ouillis et de sa forêt de pins maritimes, de Clovisse avec ses superbes genévriers de Phénicie, de Hadjadj et son abri de pêche naturel, de Aïn Brahim qu’immortalisa cheikha Remiti dans un inoubliable tube des années 1970, de Sidi Abdelkader en contrebas de Aâchaâcha mais également de l’inégalable plage de Bahara et ses ruines romaines – à la portée de toutes les bourses. Car à voir ces interminables files de voitures arpenter cette route dans une véritable kermesse populaire, il n’est plus permis de douter de l’émergence d’un tourisme balnéaire spécifique à l’Algérie. Drainant de toutes parts une cohorte de jeunes et de moins jeunes, il est appelé à se développer en l’absence de structures adéquates susceptibles de mieux le canaliser.


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