Mostaganem, Les troubadours honorés



A l’initiative de l’APC, en collaboration avec les amis et proches, les mélomanes du Mostaganémois auront retrouvé, l’espace d’une courte soirée, deux icônes de la chanson populaire.

Ces deux compères, aujourd’hui disparus, ne sont autres que Hadj M’hamed Benhamidèche et Hadj Kaddour Benhaoua. Pourtant, des années durant, ils ne cesseront de se produire en solitaire ou en tandem pour offrir des moments de joie à toutes les familles mostaganémoises. L’histoire retiendra que Benhaoua sera sans doute le premier à intégrer, dans le chant moderne d’un éphémère orchestre, le fameux « Bendir » sans lequel le chant sacré perdrait son âme. Lorsque ce dernier excellait dans le genre Aïssaoua, son complice de toujours s’entêtera, malgré l’appel des sirènes, dans le Châabi où il parviendra à tracer sa propre voie. Celle du « medh » que les longs poèmes de Benkhlouf, B’na M’saieb et autre Maghraoui porteront au pinacle de la poésie populaire. Autant sa disponibilité demeurera légendaire, autant sa relation à l’argent était totalement désintéressée. Philanthrope, son bonheur consistait à se produire avec dévouement et abnégation en tous lieux et en toutes circonstances. Employé jusqu’à sa mort, en 1977, à la défunte SAP, il consacrait son temps libre à recopier les poèmes épars de tous les grands auteurs maghrébins des siècles anciens. Depuis Saïd El Mendassi jusqu’à son contemporain Bentobji qui sera à la fois l’ami, le confident, le principal pourvoyeur en textes anciens et sans doute le précepteur . C’est d’ailleurs grâce à leur perspicacité à rassembler ces œuvres sans discernement que les chanteurs du genre Chaâbi doivent d’avoir une véritable encyclopédie. Que sa vénérable épouse mettra à la disposition de tous les visiteurs en mal de textes authentiques. On l’oublie souvent, la maison de Benhamidèche, accrochée à la falaise de « Souika Tahtaniya », recevait sans discontinuer – pendant les années fastes du Chaâbi – des jeunes chanteurs d’Alger et d’ailleurs. Ils y venaient essentiellement pour faire provision de bons et authentiques textes. C’est pourquoi l’hommage qui lui est rendu, ainsi qu’à son complice des premiers jours, se veut avant tout une reconnaissance à son laborieux travail de conservation de ce patrimoine immatériel si fragile et si précieux.





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