Littérature, Le « qalam » électronique de Mustapha Benfodil



Transgression, subversion de la forme et des symboles et dépassements des manichéismes ont été au centre de la rencontre organisée avant-hier soir au Centre culturel français d’Alger autour du roman de Mustapha Benfodil, Les Bavardages du Seul (ed. Barzakh, 2003).

Roman fleuve et polyphonique, terrain d’expérimentation de l’alliage entre écriture-laboratoire et fable néo-biblique, l’œuvre de Mustapha Benfodil - qui prépare pour 2007 un « objet verbeux non identifié », recueil expérimental où l’auteur dit avoir pris plus de risques - déstabilise, car elle revisite les grands mythes fondateurs de l’humanité, de la mort (hideuse ou métaphorique) à Dieu en passant par le non-sens de la vie. Une manière de parler de cette Algérie et de ses blessures en empruntant la voie onirique des légendes. « Transgresser au lieu de transcrire », clame l’auteur qui prend le « qalam » originel pour offrir aux libres penseurs un prophète local et urbain à travers ce roman à roman « à tiroirs (et à miroirs) », selon Benfodil, reporter, auteur de pièces de théâtre « inmontables » au TNA à cause de leur ton sympathiquement subversif et abrasif. « Roman biblique dont le héros serait Omar Khayyam mêlé à du Woody Allen », dit l’auteur, mais qui revient sur le poids du verbe matrice de l’univers. Car l’idée de force aussi de ce texte reste l’ultime subversion : parodier la parole sacrée, parodier l’humanité qui n’est en fait qu’un ensemble de « seuls », émanation du bavardage des Cieux. Un texte à redécouvrir signé par un incorrigible « metteur en signe » se réclamant d’une sorte de « pop-littérature ».






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