Algérie - Revue de Presse


Libération des journalistes emprisonnés



« Nous ne voulons pas d?une presse servile » Une foule compacte de plusieurs centaines de personnes s?était déjà rassemblée une bonne heure avant le rendez-vous fixé pour l?expression citoyenne de la solidarité avec les journalistes emprisonnés et la liberté, lundi soir, place d?hôtel de ville, à Paris. Ils étaient nombreux, Français et Algériens, mais aussi Maghrébins, à ne pas vouloir rater ce rendez-vous, et ceux qui n?ont pu être présents ont exprimé leur soutien par écrit en signant l?appel lancé par un ensemble d?associations, de collectifs, de partis politiques, de personnalités... Des intellectuels, des artistes, des journalistes, des responsables et militants de partis politiques et d?associations, parmi lesquels on reconnaissait, sans pouvoir les citer tous, Hachemi Chérif, le premier responsable du MDS, qui, bien que souffrant, a tenu à manifester personnellement par sa présence son soutien et celui de son parti aux journalistes emprisonnés et à la liberté d?expression. On reconnaissait également dans la foule des représentants du RCD-France, du PADS, des Amis d?Alger républicain, l?ancien journaliste Boualem Khalfa, les écrivains Albert Memmi, Nourredine Saâdi, Nabil Farès, le comédien Sid-Ahmed Agoumi, Mustapha Boutadjine, artiste designer. Il y avait aussi des chanteurs comme Akli D., Brahim Izri, Samia, qui sont montés sur scène avec chacun en hommage une chanson dédiée aux journalistes, Baâziz trop ému n?a pu prononcer que quelques mots avant de quitter très rapidement la scène. Brahim Izri a dénoncé « le retour en arrière de l?Algérie, un pays qui a une presse relativement libre ». Baâziz nous a affirmé : « La presse indépendante est le seul bastion de liberté. Si on m?enlève cette presse on tue. On tue mon expression et celle de millions d?Algériens. » Akli D. a exprimé son soutien à « des gens à qui on coupe les lignes ». Des amis de l?Algérie de toujours, à l?instar d?Hélène Cuénat, membre du réseau Janson, Simon Blumenthal, animateur de l?association AlgeriEnsemble, et qui a pris une part très active à l?organisation de ce rassemblement et au soutien à la presse de manière plus générale. Préoccupation Mme Benchicou a remercié tous ceux qui, à titre personnel ou au nom d?organisations, de partis ou d?associations, expriment quotidiennement leur « soutien à Mohamed Benchicou qui garde un bon moral et à ses collègues emprisonnés ». La parole solidaire a été prise par divers intervenants au cours de ce rassemblement - dont l?objectif comme cela été clairement souligné était la libération des journalistes - animé par le président des Musulmans démocrates de France. Il est à souligner le nombre important d?élus de gauche de la mairie qui ont quitté l?hôtel de ville pour venir manifester leur soutien et celui de leurs partis. Le maire de Paris, qui devait recevoir au même moment une délégation de jeunes Palestiniens et Israéliens non voyants dans le cadre de l?année du handicap, a apporté lui aussi son soutien et s?est fait représenter par Khedidja Bourcart, élue Vert, adjointe chargée des résidents étrangers non communautaires. « Alger nous tient au c?ur. Alger ne fut-elle pas l?une des premières capitales étrangères avec qui Paris a signé un accord d?amitié et de coopération ? Cet accord ne prendra toute son amplitude qu?en tenant compte de l?exigence de démocratie des Algériens, et la liberté de la presse est un des éléments essentiels de cette démocratie », a encore souligné Khedidja Bourcart. Le Parti communiste a délégué la sénatrice Nicole Borvo, entourée d?élus municipaux. Nicole Borvo a annoncé qu?une délégation de parlementaires communistes s?est rendue à l?ambassade d?Algérie pour exprimer la préoccupation des communistes. Pour les socialistes est intervenu Patrick Bloche, président du groupe socialiste à la mairie de Paris. Il est à souligner que pour le Parti socialiste Adeline Hazan (députée européenne, secrétaire nationale du Parti socialiste chargée des droits de l?homme) a signé l?appel au rassemblement, ainsi que Claude Estier président du groupe socialiste au Sénat. Jacques Boutault, maire du 2e arrondissement entouré d?élus de son parti s?est exprimé au nom des Verts. Noël Mamère, député-maire Vert, qui n?a pu être présent au rassemblement, a souhaité signer l?appel. Les élus Verts, communistes et socialistes ont annoncé qu?ils présenteraient un v?u au conseil municipal pour la libération des journalistes emprisonnés, pour « crime de plume », selon l?expression de Khedidja Bourcart. A suivi ensuite le représentant de la LCR, Christian Piquet. Le secrétaire général adjoint du SNJ-CGT, Jean-François Téaldi, a apporté la solidarité agissante des deux structures syndicales des professions de la presse. Hassan Zerrouky et Nourredine Inoughi ont pris la parole respectivement au nom du collectif du Matin et du comité national pour la libération de Mohamed Benchicou et Hafnaoui Ghoul, pour le premier, et du comité de solidarité avec les journalistes emprisonnés. Après Gérard Halie, membre de la direction nationale du Mouvement de la paix, la représentante du mouvement Vingt ans barakat Ile-de-France a fait une vibrante et éloquente intervention sur le combat des femmes pour leurs droits, au premier rang desquels la citoyenneté pleine et entière. Elle a souligné que ce combat s?inscrit en droite ligne du combat de la société pour la démocratie, affirmant que« nous avons besoin d?une presse libre », elle aussi partie prenante, « pour porter et faire écho au mouvement populaire, pour porter les revendications citoyennes. Nous ne devons pas oublier le sacrifice des jeunes d?Octobre 1988. Nous ne voulons pas d?une presse servile. Ensemble, imposons la liberté d?expression et de la presse ». 


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