LES SIRÈNES DE BAGDAD NOUVEAU ROMAN DE YASMINA KHADRA



«Yasmina Khadra nous rappelle que l’humanité ne peut surmonter l’horreur de sa misérable condition qu’à travers l’observation objective et lucide de la réalité», soutient son éditeur.
Après l’Attentat l’an dernier, qui lui a valu plusieurs prix, Yasmina Khadra revient avec un nouveau roman, sorti hier, chez Julliard, son éditeur habituel. L’événement littéraire de cet été a pour nom: Les Sirènes de Bagdad. Ce roman a pour cible, cette fois, la guerre de l’Irak, toujours en partant d’une histoire individuelle et complexe.
L’histoire est celle d’un jeune garçon irakien de 20 ans. Perdu entre les nostalgiques de Saddam, ceux qui attendent tout des Américains et les radicaux islamistes. Lui, qui voulait faire des études à Baghdad, en 2002, se voit renvoyer au bled. La guerre a éclaté et rien ne vas plus.
Il assistera indigné au débarquement des GI’s qui malmèneront dans la foulée sa communauté jusqu’à son père en le faisant jeter hors de son lit, à moitié nu. Une image de honte qui fera naître en lui sa première giclée de rage et de honte. Fuyant son village et dérivant jusqu’à Baghdad, cette ville déchirée, mortifère, le jeune garçon se retrouve la proie des islamistes.
Malmenés de partout puis manipulé, il acceptera de se sacrifier pour la cause. Mais au lieu d’une bombe traditionnelle, il ne le sait pas. C’est d’un virus dévastateur pour l’humanité dont il sera le porteur...les mises en garde d´Omar, grossier, crasseux et ivrogne, de Hossein, le fou rieur...n’ont feront rien.
«Depuis plus de dix ans, Yasmina Khadra explore inlassablement l’histoire contemporaine et l’affrontement meurtrier, incompréhensible à ses yeux, entre l’Orient et l’Occident. Sans répit, il milite pour l’intelligence et le triomphe de l’humanisme. Inlassablement, il rappelle que l’humanité ne peut surmonter l’horreur de sa misérable condition qu’à travers l’observation objective et lucide de la réalité», observe l’éditeur de Yasmina Khadra.
Entre oubli et injustice, cette troisième guerre du Golfe qui a divisé la planète fera couler beaucoup d’encre et surtout de sang. Mais a-t-elle servi réellement à faire prendre conscience de l’énormité de son geste? Oh que non ! Puisqu’une autre éclatera juste après, encore plus stupide et dévastatrice, exterminatrice sous l’autel du pouvoir et du nombre...
Celle du Liban pour ne pas la nommer qui, contre toute attente, nous a prouvé, une fois n’est pas coutume, que les méchants ne gagnent pas à tout les coups! Alors, si les politiques ploient sous le prisme des intérêts que génèrent les conflits, heureusement qu’il y a des hommes et des écrivains à la trempe de Yasmina Khadra pour remettre les pendules à l’heure.
C’est pourquoi, peut-être, ce livre Les sirènes de Bagdad existe. Et si d’aucuns diront que c’est encore un impact médiatique et un produit commercial pour coller à l’actualité, reste que celle-ci est tellement et éternellement sous-jacente et explosive qu’elle mérite d’être traitée, aussi longtemps que l’homme déversera sa hargne et sa bêtise à la face de la terre.
D’où les «sirènes», qui peuvent êtres soit de cri et d’alarme, soit de tromperie et d’harangues serviles, lancé par des tenants de pouvoirs aux intentions mal cachées, comme ceux de l’Amérique...
Aussi, un peu à la manière du film Paradise Now de Hany Abu Assad (l’histoire de deux amis d´enfance palestiniens, Khaled et Saïd, désignés pour commettre un attentat suicide à Tel-Aviv.), ou encore son livre l’Attentat qui raconte la détresse de Amine, chercheur israélien d´origine palestinienne, qui a toujours refusé de prendre parti dans le conflit qui oppose son peuple à son peuple d´adoption et s´est entièrement consacré à son métier et à sa femme Sihem. Jusqu´au jour où un attentat se produit à Tel-Aviv.
Sa surprise sera d’apprendre que celle-ci est la poseuse de bombe. La kamikaze...Yasmina Khadra n’a de cesse de regarder, non pas du côté de l’Orient ou de l’Occident, mais s’est toujours constitué éclaireur de la vérité du monde arabe en combattant la bêtise humaine qui mène au désastre et à l’apocalypse.
Ses écrits beaux malgré la cruauté qui s’en dégage, témoins du déclin de l’humanité, sont cependant affreusement poétiques, atrocement chargés de questionnements.
Mais aussi de réflexions intellectuelles, une des missions importantes de l’écrivain dont Yasmina Khadra accomplit avec sagesse et discernement. Ses écrits fouillés, descriptifs, imagés, à tel point qu’on se demande pourquoi ne pas les adapter à l’écran, car ils sont nourris d’émotion sincère et de repères historiques essentiels pour notre mémoire collective et universelle.
Témoin de son temps, de l’abject et de l’horreur que peuvent provoquer ses semblables, l’écrivain Yasmina Khadra est devenu, au fil du temps, des romans et des pages, un auteur de référence incontournable du présent siècle, un des auteurs de langue française contemporains les plus traduits au monde! Une bonne nouvelle ainsi pour les fans inconditionnels et lecteurs de Yasmina Khadra. Il sera parmi nous les 28, 29 et 30 octobre à Alger, où il présentera ce récent ouvrage, à l’occasion de la prochaine édition du Salon international du livre.
Un livre qui sortira aux Editions Sédia dans sa collection Mosaïque et ce, au prix de 600DA, au lieu de 1200DA! Dans la foulée, Yasmina Khadra a sorti dans un tout autre registre, pour les adolescents cette fois, La maîtresse en maillot de bain, paru aux éditions Clair de Lune en mars 2006.
L’Attentat sera traduit en version arabe. C’est ce que nous promet Sédia d’ici la rentrée, au premier trimestre de 2007.





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