Algérie - Revue de Presse


Les réserves de la communauté internationale

La détérioration de l?état de santé du leader palestinien, Yasser Arafat, a suscité l?intérêt de toute la planète. La majorité des titres de la presse internationale a relégué, hier, au second plan la réélection du président Bush à la Maison-Blanche pour consacrer leur une au combat contre la mort mené par Arafat. Les supports médiatiques sont également nombreux à s?attarder sur les implications, sur le conflit israélo-palestinien et la région du Moyen-Orient, d?une éventuelle disparition de Yasser Arafat. Un leader présenté comme l?un des héros du monde arabe. L?emballement des médias a été provoqué par une information rendue publique, jeudi, par une télévision publique israélienne annonçant le décès du président de l?Autorité palestinienne. Une source médicale française a pris le relais et déclaré le même jour que le chef historique de la lutte palestinienne était en état de « mort cérébrale » et qu?il était plongé dans un coma irréversible. Du côté palestinien, les principaux dirigeants de l?OLP ont multiplié ces dernières heures les déclarations pour démentir les informations distillées concernant l?état de santé de leur chef. La succession engagée Le président de l?Autorité palestinienne, Yasser Arafat, n?est « absolument pas » en état de mort cérébrale mais dans un coma réversible, a déclaré hier la déléguée générale de la Palestine en France, Leïla Chahid. Les observateurs sont cependant persuadés que les responsables palestiniens reportent l?annonce du décès de leur leader pour gagner du temps. Un temps qui servira, explique-t-on, à négocier avec Israël le lieu de l?enterrement de Yasser Arafat et de convenir de la composante à laquelle sera dévolue la mission de préparer l?après-Arafat. Les informations contradictoires diffusées sur l?état de santé du leader palestinien expliquent, en tout cas, la grande retenue manifestée par la communauté internationale à l?égard du dossier palestinien. Les seules réactions enregistrées se limitent à celles de l?Union européenne et des Etats-Unis. Les membres de l?UE ont ainsi exprimé jeudi, à l?occasion du sommet européen de Bruxelles, leur « solidarité » avec les Palestiniens à la suite de la détérioration de la santé de Yasser Arafat et ont affiché leur intention de collaborer avec la future direction palestinienne pour poursuivre les efforts de règlement du conflit avec Israël. La présidence néerlandaise de l?UE qui se situe visiblement déjà dans l?après-Arafat a également émis l?espoir de l?Union qu?elle puisse travailler « dans la période à venir avec une direction légitimée, avec une nouvelle direction de l?Autorité palestinienne et que cela nous mènera sur la voie de la paix au Proche-Orient ». Une manière bien diplomatique pour le président de l?UE de souligner l?importance de trouver « démocratiquement » un successeur à Yasser. M. Bot laisse clairement entendre aussi que l?attitude de l?UE vis-à-vis des Palestiniens sera proportionnelle à la légitimité de leur nouveau leader. Interrogé sur des informations faisant état de la mort du dirigeant palestinien Yasser Arafat, le président américain, George Bush, a déclaré pour sa part : « Ma première réaction est que Dieu le bénisse. Ma deuxième réaction est que nous continuerons à travailler pour un Etat de Palestine libre en paix avec Israël. » Des spécialistes américains estiment, à ce propos, que la fin de l?ère Arafat pourrait, en effet, accroître la pression sur les Etats-Unis pour qu?ils s?impliquent davantage dans un processus de paix israélo-palestinien enlisé. Côté français, la seule réaction enregistrée jusque-là vient du Parti socialiste français. Son premier secrétaire, François Hollande, a affirmé jeudi que la « disparition quasi certaine » du président de l?Autorité palestinienne allait « créer un vide considérable en Palestine ». M. Hollande a souhaité que cette « épreuve porteuse d?incertitudes » soit « l?occasion » de « reprendre une initiative de paix, de négociations ». « C?est une responsabilité pour les Palestiniens, mais une lourde responsabilité pour les Israéliens », a-t-il indiqué, avant d?appeler les Européens à être des « intermédiaires, des facilitateurs de paix ».
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