Algérie - Revue de Presse


Les Palestiniens après la mort de Yasser Arafat

Le sens du réalisme Les Palestiniens ont décidé de démentir toutes les hypothèses selon lesquelles le chaos s?installera après la mort de Yasser Arafat. Huit jours après l?inhumation du leader, tout est mis en ?uvre pour être au rendez-vous du 9 janvier prochain, date à laquelle prend fin la période intérimaire, et l?élection d?une nouvelle direction palestinienne. Et selon toute vraisemblance, tout est fait pour déblayer la voie et faciliter l?élection de Mahmoud Abbas au poste de président de l?Autorité palestinienne. A vrai dire, Abou Mazen, qui est son nom de guerre, est la figure montante au sein des institutions palestiniennes pour avoir été le premier palestinien à occuper, quoique de manière éphémère, le poste de Premier ministre, mais c?est son statut au sein du CEOLP -il en était le secrétaire général- qui lui confère cette position prééminente. Astreint à une certaine réserve, l?homme est peu loquace. Il sort rarement la tête de ses dossiers et il a montré à quel point il les maîtrisait, tout en détestant certains écarts que les hommes politiques et même les médias peuvent se permettre de temps en temps. Lui adore la précision au point de se montrer méticuleux comme en 1993 lorsqu?il s?agissait de qualifier l?accord palestino-israélien qu?il allait signer le 13 septembre à Washington. Ce n?est pas un accord historique nous disait-il dans son bureau de Tunis, parce que le plus dur est à venir. Ce fut le cas jusqu?à être rendu impossible par Israël qui reniait son engagement. Il refusait de donner du rêve aux Palestiniens parce que leur frustration allait être plus grande. Ce sens de la précision l?a amené à adresser d?importants signaux à la communauté internationale. Dans un message au président Abdelaziz Bouteflika qui aurait relevé du simple cadre protocolaire, Abou Mazen ne se contente pas des expressions usuelles, mais d?un message qui se veut fort. Les Palestiniens, a-t-il écrit, poursuivront leur lutte jusqu?à l?édification de leur Etat indépendant avec El Qods-Est pour capitale. C?est certainement la première fois que cela est dit de manière aussi claire, et Abou Mazen, qui sait de quoi il en retourne autour de la table des négociations, entend se montrer conséquent sans se livrer à la moindre surenchère. Au regard de son style, il ne s?agit pas pour lui de plaire à qui que ce soit, mais de mettre les dirigeants palestiniens en conformité avec leurs engagements, que cela soit au sein de leurs propres organisations, ou encore dans le cadre de négociations internationales. Comme cela est le cas depuis 1988 avec la reconnaissance de la résolution 242 du Conseil de sécurité, ce qui avait amené Yasser Arafat à affirmer que « les Palestiniens avaient décidé de faire preuve de réalisme, de pragmatisme et de modération ». Il est alors totalement faux de dire ou de vouloir faire croire qu?Abou Mazen est un modéré, mais plutôt un réaliste. L?autre volet de cette démarche est lié au maintien de l?ordre par la nouvelle direction palestinienne qui semblait hier déterminée à en finir avec l?insécurité qui règne dans les territoires avant le scrutin présidentiel prévu le 9 janvier. Déjà opposé à la militarisation de l?Intifadha, Mahmoud Abbas vient de lancer un nouvel appel à la fin du « chaos des armes ». Celui-ci, a-t-il dit, « est un phénomène qui doit cesser, et je pense que les gens et les responsables réalisent l?importance de contrôler les armes car cela (le chaos) ne sert l?intérêt de personne », a déclaré M. Abbas à la radio officielle Voix de la Palestine. L?insécurité dans les territoires palestiniens, où des groupes armés échappant à tout contrôle font souvent la loi, et le prochain scrutin présidentiel ont été au c?ur des discussions menées ces derniers jours à Ghaza par M. Abbas et la direction palestinienne avec des représentants des différents mouvements. Le comité central du Fatah, mouvement dont sont issus les principaux dirigeants palestiniens, s?est également penché sur cette question jeudi soir. « Le comité central a examiné un rapport sur les moyens de remédier au chaos des armes et à l?insécurité et d?assurer la protection des individus et des institutions pour mettre fin au chaos », a déclaré le secrétaire général de la présidence palestinienne Tayeb Abdelrahim à l?issue de la réunion. Selon lui, le rapport en question « a été transféré au Conseil national de sécurité afin qu?il soit examiné en vue de son application ». Le Conseil national de sécurité est, depuis la mort de Yasser Arafat le 11 novembre, présidé par le Premier ministre Ahmad Qoreï qui a multiplié ces derniers jours les appels à la fin du chaos qui a graduellement gagné la bande de Ghaza et la Cisjordanie après le début de l?Intifadha en septembre 2000. En accédant à la présidence du Conseil national de sécurité, qui chapeaute tous les service de sécurité, M. Qoreï semble aujourd?hui plus à même de s?acquitter de cette tâche, mais il aura fort à faire pour convaincre les mouvements, notamment le Hamas et le Jihad islamique, à renoncer à leurs armes. Restent maintenant les questions qui ne sont pas du ressort des Palestiniens, et à cet égard, M. Abbas a affirmé hier que l?occupation israélienne était le principal obstacle susceptible d?entraver la tenue du scrutin. Et Israël a commencé à en dresser, comme l?interdiction faite aux habitants d?El Qods-Est de participer à l?élection du 9 janvier, contrairement à celle de 1996 où ils ont été autorisés à voter. C?est aussi le déroulement de la campagne électorale impossible à organiser si Israël maintient ses barrages et empêche les rassemblements. La liste des problèmes que poserait Israël a été établie et rendue publique dès la semaine dernière. Mais il n?est pas déraisonnable de penser qu?Israël fera tout pour casser un tel processus pour perpétuer son occupation des territoires palestiniens. Car dans le cas contraire, plus rien ne s?opposera à la reprise des négociations.
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