Algérie - Législation de la santé


Les médecins du public et les cliniques privées



Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière Amar Tou a annoncé, hier, que son département fera l’évaluation «des effets pervers» de l’activité complémentaire qui donne aux professeurs le droit d’exercer dans le secteur libéral au-delà des heures légales du travail.

La finalité serait, selon le ministre, de revoir les modalités d’exercice de cette activité complémentaire et non sa suppression et dans le but de dissuader certains médecins de s’adonner à des pratiques indignes pour s’enrichir au détriment de la santé du malade.

C’est ce qui ressort des déclarations du ministre de la Santé, en marge du séminaire sur la «gestion et la maintenance des équipements médicaux des structures de la santé» qui se tient au niveau de l’école paramédicale d’Alger à Hussein Dey. Le même séminaire a été organisé hier au niveau des wilayas d’Oran et de Constantine.

Enumérant les problèmes auxquels fait face son secteur, le ministre évoqué en premier lieu «la moralité» en ouvrant une parenthèse sur le travail de médecins du secteur public qui exercent dans le privé, citant le cas de certains professeurs, médecins spécialistes et autre personnel médical s’adonnant à des pratiques qui détournent la mission noble du secteur de la santé, celle de guérir le malade et sauver sa vie. Le ministre a cité le cas d’une malade de 86 ans opérée dans une clinique privée au niveau du genou, alors que les résultats des analyses établis dans le secteur public ont tous recommandé de ne pas recourir à l’opération. Tout en formulant des réserves, il dira que beaucoup de choses se disent sur l’activité complémentaire et que seule une enquête prouvera ces dépassements. Le ministre insiste sur le fait qu’il s’agit de certains praticiens et non pas de la majorité et qu’il ne faut pas mettre tout le monde dans le même sac. Il précise en outre que cette évaluation des effets pervers de l’activité complémentaire, se fera juste pour la révision des modalités d’exercice de celle-ci tout en insistant sur le fait que sa suppression n’est pas à l’ordre du jour. Du point de vue des spécialistes de la santé, la suppression de cette activité complémentaire est impossible, sachant que les pouvoirs publics ont tout intérêt à maintenir dans les services publics les meilleures compétences. Car, dans le cas contraire, ces dernières seront tentées d’aller négocier leurs services dans le secteur privé. Et pour trouver «une thérapie graduelle et ferme» à cet état de fait, le ministre a fait appel à la contribution de toutes les bonnes volontés.

Amar Tou a décidé en outre de s’attaquer à un deuxième problème auquel fait face le secteur de la santé, celui de la maintenance des équipements médicaux, objet du séminaire dont les travaux ont débuté hier. Pour le ministre, la maintenance des équipements médicaux a été pendant longtemps diluée avec d’autres services dans l’organigramme des hôpitaux. «La maintenance des équipements médicaux est incluse avec les services d’entretien des murs et de l’immobilier des hôpitaux» affirme le ministre, exigeant de la mettre à part en misant sur la formation du personnel médical.

Le ministre a annoncé dans ce sens que 57.000 agents de la santé subiront une formation. Il s’agit de cadres gradués (universitaires) ayant de 7 à 10 ans d’expérience. Ils seront formés par des professeurs universitaires de haut niveau et par des professionnels étrangers gestionnaires d’établissements hospitaliers en France, en Belgique et en Espagne.

Amar Tou recommande dans ce sens l’introduction de l’assistance en maintenance des équipements médicaux dans les contrats d’acquisition et d’obliger les contractants fournisseurs de ces équipements de disposer d’un stock suffisant de pièces de rechange dans leurs magasins en Algérie. Chose qui est aujourd’hui possible puisque les principaux fournisseurs des équipements médicaux, à savoir les Américains, les Japonais et les Allemands, se sont installés dans notre pays.




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