Batna - Revue de Presse


Les commissions d?enquête ou l?éternel « refuge »

A chaque crise, au réveil de chaque catastrophe, après un massacre ou un incident grave, les pouvoirs publics se retrouvent dans l?impuissance d?agir en les circonstances. Le terrain l?a démontré à plusieurs reprises. Dernière preuve en date, les intempéries du début de semaine. Non seulement l?Etat est lent dans ses interventions lors des catastrophes, mais son mode de gestion de telles situations d?urgence donne à réfléchir. En dépit de leur « expérience » en la matière - le nombre de catastrophes naturelles ayant secoué le pays au cours de ces dernières années en est témoin -, les autorités algériennes ne semblent pas avoir tiré les leçons de ces drames. Que ce soit dû au facteur humain ou à dame nature, le mot « responsabilité » garde toujours sa substance à l?heure des bilans. Lors de catastrophes comme l?échouage du navire Batna et le naufrage du Béchar, la première des choses qui vient à l?esprit est de savoir : pouvait-on éviter ce qui est arrivé ? Question qui interpelle nombre d?esprits, mais qui n?a pas de réponse. A qui la faute ? Certes, dans de telles circonstances, les responsabilités sont diluées par le fait que la catastrophe touche souvent un terrain large qui ne dépend pas d?une seule autorité. Mais cela n?empêche pas de « chercher » la vérité et de faire en sorte que les auteurs des erreurs soient punis après les avoir identifiés. Sans doute, la seule chose qui revient à l?esprit est le mot « commission d?enquête ». Cela semble normal car, partout dans le monde, on mène des enquêtes pour déterminer la responsabilité ou pour faire la lumière sur un incident ou un drame. Ces commissions, qui regroupent un certain nombre de personnes qui ne sont pas nécessairement homogènes, sont à retrouver dans le discours de nos « officiels » au lendemain de chaque catastrophe. Au moment où les familles comptent leurs morts, les hôpitaux dénombrent les blessés, les autorités compétentes s?emploient à rendre tout « naturel », au pire des cas à jeter l?anathème sur l?éternel prétexte du « manque de moyens ». « Nous avons tout fait, Allah ghalleb ! » est le générique des responsables qui n?assument pas leurs failles. Si le syndicat de la marine marchande, le Snommar, touché de plein fouet par la perte des marins du Béchar, a exigé une commission d?enquête en vue d?élucider ce cas, les pouvoirs publics chercheront à noyer le poisson. En Algérie, il est établi que « les commissions d?enquête » ne rendent jamais publics leurs rapports. Ces « commissions » servent de « fuite » en avant, en attendant que l?oubli frappe les mémoires les plus fraîches. Sinon, où sont les conclusions des investigations diligentées après les inondations de Bab El Oued le 10 novembre 2001, le séisme du 21 mai 2003 et les mutineries de 2002 ? Il est clair que l?un des premiers inconvénients est celui de la « dépendance » de ces commissions. Jusque-là, les commissions d?enquête ont été installées et soumises au contrôle de l?administration centrale. On ne peut aboutir à rien du moment que c?est le présumé responsable lui-même qui chapeaute l?opération.
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