Lectures estivales, à chacun ses raisons de choisir



A entendre des libraires, les lectures de détente et d’évasion sont les plus demandées en été. Cela dit, il y a des clients qui nourrissent régulièrement leur esprit. Et la nourriture de l’esprit ne cède pas aux caprices des saisons. C’est aussi une manière d’être.

L’été est-il profitable aux libraires, sachant que la saison est faite pour la plage, l’évasion et la distraction ? Des lecteurs convoitent les librairies mais en quête de quels livres ? Est-ce des livres rose bonbon et des romances à la « happy end » pour se détendre ou des lectures pour nourrir l’esprit ? Ce sont entre autres les questions posées à des libraires d’Alger-Centre. Ils ont leurs clients habituels. Comme, de temps en temps, ils discutent avec des lecteurs, ils arrivent ainsi à flairer ce qu’ils cherchent à lire et à détecter leur prédilection en la matière. Ainsi, un des gérants de la librairie Ibn Khaldoun constate un changement dans les convoitises des clients. Ces derniers se consacrent « à la lecture de détente, à l’exemple des romans policiers et de fiction. La demande a légèrement augmenté concernant les livres d’histoire ou les romans qui traitent de l’histoire, à l’exemple des livres de Amine Malouf. Il y a ceux qui achètent des classiques qui les gardent jusqu’à la rentrée scolaire pour les ouvrir ou les utiliser. Une manière pour eux de prendre des précautions en cas de première en le genre. En effet, à l’entame de l’année scolaire, les classiques sont très recherchés et l’offre parfois n’arrive pas à absorber la demande. » Le gérant de la librairie Les Beaux-Arts relève que « les clients s’intéressent à des lectures distractives, des polars, des romans de voyage et à tout ce qui a trait à l’évasion ». En parallèle, il y a des clients qui « achètent des livres pour des besoins de recherches ou pédagogiques. D’autres cherchent des livres, parce que tout au long de l’année ils ne disposent pas de temps pour lire. Le congé constitue pour eux une occasion pour le faire. Ils en profitent. » Il y a des gens qui cherchent des livres en « prévision de l’année scolaire. Les auteurs qu’ils demandent sont inscrits dans le programme scolaire de leurs enfants. » Cependant, indique le même interlocuteur, beaucoup d’ouvrages demandés sont indisponibles sur le marché. La raison ? « La loi nous impose de recapitaliser nos sociétés à hauteur de 20 millions de dinars pour ouvrir droit à importer des livres. Ce qui est impossible et économiquement injustifiable. Ainsi, ont-ils restreint l’accès à l’importation de livres très demandés sur le marché. » Le propriétaire de la librairie Grande surface de livres que la demande chute durant la période estivale. Ce qui est recherché actuellement, ce sont des « livres pour enfants. De leur côté, les femmes dans leur majorité demandent des livres de broderie et de couture. Des ouvrages d’histoire et pas seulement ceux qui traitent de l’Algérie ont gagné l’intérêt du public. Entre temps, les classiques ne se vendent pas comme il est de règle durant les autres saisons. Cela dit, nous arrivons à travailler, nous accordons des remises de 50% sur les livres achetés. Comme tous les deux mois, nous enregistrons un nouvel arrivage de livres. » À chacun ses raisons de choisirPour le gérant de la librairie Ennadjma Edhahabia, les gens ne lisent plus aujourd’hui. Le champ des lecteurs a commencé à se « restreindre en 1985 ». Aujourd’hui, « C’est la pizzeria qui rapporte. » A longueur d’année, « je reçois des clients dont la catégorie d’âge est dans la majorité de 60 ans et plus. Ils demandent des classiques et des ouvrages contemporains. » A son tour, le responsable de la librairie El Kartassia indique que « les auteurs brésilien Paulo Coelho et libanais Amine Malouf sont très demandés. ll y a aussi Les mémoires d’Ahmed Taleb Ibrahimi. Il y a aussi ceux qui demandent les œuvres de Jules Vernes, Guy de Maupassant et de Victor Hugo. Mais nous écoulons surtout les jeux, notamment des jeux éducatifs pour la tranche d’âge qui varie entre 10 et 14 ans. Mais il n’y a pas beaucoup de jeux et les clients n’ont pas assez de choix à faire en la matière. Les livres juridiques sont demandés à longueur d’année. Il y a aussi les revues, à l’exemple de Sciences et Vie, Electronique pratique, Micro-Hebdo et France Football. Cependant, il est enregistré chaque été une baisse de la demande en livres parascolaires. Elle commence à se manifester vers la fin juin pour s’étendre jusqu’à la fin d’août. La demande commence ensuite à reprendre. »




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