“LE RETOUR” TRADUIT DE TAMAZIGHT VERS LE FRANÇAIS Le pari réussi de l’écrivain Amar Mezdad



“LE RETOUR” TRADUIT DE TAMAZIGHT VERS LE FRANÇAIS Le pari réussi de l’écrivain Amar Mezdad
Dr Mezdad devrait renouveler l'expérience avec le reste de son œuvre qui gagnerait à être connue, d’autant qu’il fait partie des premiers écrivains en tamazight.

La traduction du recueil de nouvelles Le retour de tamazight vers le français par l’écrivain Amar Mezdad ouvre des perspectives certaines pour la production amazighe en tant que produit littéraire à part entière. Il est vrai que pour ce travail, l'auteur, qui y a consacré des mois, l’avait accompli avec le concours de certains de ses amis. Et le Dr Mezdad devrait objectivement renouveler l'expérience avec le reste de son œuvre, qui gagnerait à être connue, d’autant qu’il fait partie des premiers écrivains en tamazight après bien évidemment le défunt Rachid Alliche, auteur de deux romans Asfel (1981) et Faffa (1986). Et de Saïd Sadi avec Askuti, paru en 1982, éditions Imadyazen, à Paris. Dr Mezdad, un généraliste très connu à Béjaïa, a à son actif 8 ouvrages en tamazight, publiés le plus souvent à compte d’auteur. Le premier, un recueil de poésie, Tafunast igugilen (la vache des orphelins), publié en 1977 ; Id d wass (une nuit, un jour), un roman publié en 1990 chez Tafsut éditions ; Tagrest urghu (Hiver brûlant) ; Tughalin, tulluzin (le retour), un recueil de nouvelles, paru en 2003 ; Ass-nni (ce jour-là), Tetdilli-d ur d-tkeccem (que l’on pourrait traduire comme quelqu’un qui regarde sans rentrer) et Yiwen wass deg tefsut (un jour de printemps), romans parus respectivement en 2006 et en 2014. L’écrivain, prolifique s’il en est, a écrit en outre Adlisfus n tmazight tatrart (manuel de berbère moderne). Ceci pour dire que son apport à la littérature amazighe est significatif à plus d’un titre. C’est en ce sens que son travail remarquable sur le plan de l’esthétique et du contenu pour la traduction du recueil de nouvelles Le retour gagnerait à être connu du public et être renouvelé avec ses autres ouvrages. Sachant comme le rappelle, à juste-titre, Nasserdine Aït Ouali, docteur en littérature française, auteur de la présentation du recueil, le “contexte éditorial amazigh était très difficile et continue, relativement, à l’être”. Cette première traduction d’une fiction d’expression kabyle vers le français, a indiqué M. Aït Ouali, “contribuera à l’effort nécessaire à la monstration et à la reconnaissance de notre littérature romanesque”. Dans Le retour, la première nouvelle, Amar Mezdad plante d’emblée le décor : “L’homme était en piteux état.” Quelques lignes plus loin, l’homme en question, Dda Arezki en l’occurrence, “est revenu à la vie.” Et pour cause : depuis quelque temps, “il est en la vie et la mort. Il est sur le point de partir pour ce voyage ultime d’où l’on ne revient pas et pour devenir simple poussière”. Dans un dialogue avec le narrateur, qui pourrait être son médecin ; la scène se déroulant dans un hôpital, Dda Arezki répond : “Là, tu dis vrai ! Je sortirai avec mes pieds, certes, mais on ne marche pas les pieds devant !” Le vieux, qui venait de prendre sa retraite après des années à guerroyer en France, l’exil s’est prolongé pour lui à son corps défendant, mais au crépuscule de sa vie, Dda Arezki se rend à l’évidence : “La seule vraie partie est le pays où l’on a grandi.” D’autant que ses enfants, dont il avait vécu chaque instant de leur enfance, finissent par quitter le cocon familial. C’est encore plus difficile quand la mort vient frapper dans un vieux couple, “le survivant se retrouve perdu”, affirme Dr Mezdad dont les textes sont tirés de la tradition et du terroir.






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