Algérie - Revue de Presse


Le procès



Saddam Hussein, défait militairement par la plus grande puissance mondiale, refuse pour autant de s?avouer vaincu. Il entend aller vers une bien dérisoire victoire par le seul fait de porter la contradiction à ses juges. De les défier, mais en portant le débat sur le terrain politique, même si lui n?a jamais su ou pu prévoir la catastrophe à laquelle il allait conduire son pays. C?est l?image pathétique qu?il donnait jeudi aux juges qui l?inculpaient pour des crimes tous passibles de la peine de mort étrangement réintroduite en Irak quarante-huit heures avant cette comparution. Qui décide de quoi dans ce pays sans Etat, car le gouvernement actuel mis sur pied par les Américains et soutenu, il est vrai, par l?ONU incarne tout sauf la légitimité et la crédibilité ? A partir de ce postulat, les questions se multiplient, et des réponses, puisqu?il en faut bien, il n?y en a point. A commencer par le fondement politique qui sous-tend la création de la cour qui a inculpé le président déchu. C?est une décision prise par un cabinet provisoire formé exclusivement d?anciens opposants à Saddam Hussein, et sur qui, inévitablement, pèse cette forte suspicion de vouloir se faire justice. Autrement dit, un acte de vengeance, d?autant plus envisageable, que le président de cette cour est un parent direct d?Ahmad Chalabi, un nom bien connu, surtout des Américains qui en ont fait un personnage-clé de la transition avant son lâchage. Ne parlons pas alors de ceux qui occupent le devant de la scène actuellement, eux aussi marqués politiquement. Ce qui n?enlève rien au fait que Saddam Hussein, qui a fait de la violence son unique moyen d?accès et de maintien au pouvoir, doit être jugé pour ses crimes. Il a réussi l?exploit, peu ordinaire, d?engager son pays dans des guerres qu?il savait perdues et dévoreuses d?hommes et de ressources. Lui n?avait d?yeux que pour sa mégalomanie jusqu?à l?aveuglement, alors que son pays, excessivement riche potentiellement, était convoité, et allait être occupé afin de servir une stratégie qui n?est pas la sienne. L?histoire du régime reste à écrire, mais ceux qui entendent le juger aujourd?hui doivent y être habilités politiquement d?abord, parce que tout ce qu?ils viendraient à décider pourrait précipiter l?Irak dans un engrenage d?où il lui sera impossible de sortir. S?en soucie-t-on vraiment ?




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