Algérie - Revue de Presse


Le printemps fêté à Ighil Ali (Béjaia)



Amenzou n?tefsout, une tradition séculaire En effet, si le nouvel an berbère correspond au 12 janvier du calendrier grégorien, l?arrivée du printemps coïncide généralement avec le 15 du mois de furar qui correspond au 28 février de l?année courante. Dans certaines régions, comme le massif des Bibans, où ce rite berbère séculaire garde une étonnante vivacité, cela donne encore lieu à une grande fête traditionnelle qui voit des milliers de femmes et d?enfants converger vers les champs et les forêts « A la rencontre du printemps » ou comme on l?appelle localement Amaguer n?tefsout. Dans la matinée, avant de pouvoir s?adonner à ses escapades bucoliques, les femmes préparent le repas spécial qui accompagne ce rituel de bienvenue à la saison de l?abondance et de la fertilité. Il s?agit d?un couscous dont les légumes et les plantes aux vertus dépuratives sont cuits à la vapeur et mélangés après cuisson aux grains. Le couscoussier est posé sur une marmite dans laquelle on fait bouillir de l?eau avec des fèves, des pois-chiches et des racines d?adheryis, l?opuntia. Le couscous est assaisonné de poudre de piments rouges et de morceaux d?achedhlouh, la viande séchée et salée est consommée avec des ?ufs durs. Ce plat que l?on accompagne quelquefois avec du petit-lait est appelé tchiw tchiw ou ameqfoul selon les localités et les régions. Particulièrement gâtés à cette occasion, les enfants, qui accompagnent les femmes dans leurs randonnées pédestres, ont tous leurs corbeilles de bonbons et de sucreries. D?ailleurs, des semaines à l?avance, les commerçants préparent leurs étals de friandises aguichantes pour que les familles puissent, au fur et à mesure, constituer la corbeille de chaque enfant. Arrivées dans les champs, les femmes, qui se sont auparavant parées de tous leurs atours, se constituent en groupes avant de se livrer à l?ourar, là où chants et airs de fête accompagnent les danses de circonstance. Il est de tradition aussi de voir ceux et celles qui se sont expatriés dans les grandes villes revenir au bercail spécialement pour assister à Amenzou n?tefsout. Dans certains villages, comme à Tabouaânant, ce sont des groupes de tambourinaires, ces troupes de musique folklorique kabyle, qui accompagnent ces processions humaines qui vont communier avec la nature. Pour ce qui est des hommes, il en est autrement. Nonchalamment postés en des endroits stratégiques, les jeunes gens, qui sont exclus de cette fête réservée aux femmes et aux enfants, regardent discrètement les jeunes et belles plantes maquillées et élégamment habillées, à la recherche d?une probable dulcinée qui fera leur bonheur. Les femmes qui ont des jeunes en âge de se marier « prospectent » également et jugent d?un ?il expert toutes les filles qui passent dans leur champ de vision dans l?espoir de dénicher la Cendrillon ou la fée du logis dont elles rêvent pour leur fils. En cette occasion également, beaucoup de familles visitent les mausolées des saints, allumant des cierges et priant que l?année soit bonne et les récoltes abondantes.




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