Mila - Revue de Presse


Le pouvoir exécutif monopolise le jeu

Les partis désertent la politique Les temps sont durs pour les partis. Le constat est valable y compris pour ceux d?entre eux qui sont au pouvoir. Au moment où le feuilleton du FLN enchaîne les rebondissements, le FFS montre des signes inquiétants de crise. La médiatisation de ces deux formations politiques ne doit pas faire oublier, cependant, le profond malaise provoqué par les résultats du dernier scrutin présidentiel sur les partis ayant présenté des candidats. Laminés de leur confrontation avec le Président sortant, des partis comme El Islah, le RCD ou le PT donnent l?impression d?avoir encore du mal à digérer leur défaite. Au-delà des effets produits par la « raclée électorale » d?avril dernier, la situation semble davantage problématique pour ces formations dans la mesure où elles n?ont pas encore trouvé les ressorts nécessaires pour rebondir. En dehors de l?organisation des traditionnelles universités d?été, ces partis ont déserté la scène politique. Bien que confinés dans les institutions, les débats sur l?école, les finances de l?Etat, les droits de l?homme, les libertés, l?Armée, l?Irak, la Palestine ou le Sahara-Occidental n?ont requis l?intérêt d?aucune formation. Il en va de même pour la question des harkis qui a laissé dans l?indifférence totale le FLN, un parti pour lequel ce dossier constitue pourtant « une question d?honneur ». Parti le plus critique à l?égard du pouvoir, le FFS a aussi décidé de ranger sa langue dans sa poche malgré l?ouverture par l?Etat de ces dossiers auxquels il est sensible. Les rares interventions enregistrées ne sont venues que du PT et du MDS dont le secrétaire général est pourtant en convalescence. Hormis le semblant d?animation suscitée par la dernière présidentielle, le pays donne l?impression, aujourd?hui, de fonctionner sans classe politique. Dans le vide. Pour le moment, les seules formations à résister à la léthargie politique ambiante sont le RND et le MSP. Deux partis liés, avec le FLN, par une sorte d?union sacrée baptisée « Alliance présidentielle ». Prolifiques en matière d?activités, le RND et le MSP permettent parfois d?entretenir l?illusion que le pays a encore une vie politique. Néanmoins, l?adoption par la société du langage de l?émeute et la pauvreté du débat politique, culturel et social, rappellent que la population est cruellement sous-encadrée et qu?il ne reste plus grand-chose de la « vitrine démocratique » construite après les réformes de 1990. Déconfiture Les statistiques de la dernière présidentielle montrent également que les partis nés dans le sillage des réformes politiques mises en chantier depuis 1988 ne structurent plus suffisamment. Les raisons pouvant expliquer la faible performance des partis de l?opposition sont nombreuses et complexes. L?expérience montre néanmoins que les effets pervers provoqués par une décennie de crise politico-sécuritaire, avec le maintien de l?état d?urgence, et la difficulté à traduire les attentes de la société constituent certains des facteurs à l?origine de la déconfiture. En plus des problèmes de représentativité, les partis accusent souvent des retards dans le respect de leurs rendez-vous organiques qui rendent suspect leur fonctionnement. L?image négative que retient d?eux la population résulte souvent aussi du manque de débat démocratique au sein de leurs structures. Au titre de ce registre, beaucoup reprochent à certains politiques de mettre leur parti au service exclusif des intérêts personnels. Devenue un sport national, la course à la rente a d?ailleurs contribué à susciter, dans la société, une aversion pour la chose politique. Elle a aussi rendu inefficace le rôle de contre-pouvoir des partis de l?opposition. Devant ces « manquements », ce sont souvent la presse et les rares associations autonomes qui ont assumé cette mission. Et, cela s?est fait souvent aux dépens de celles-ci. La curieuse absence des politiques de l?opposition des débats de l?heure et les tiraillements caractérisant actuellement certains partis veulent-ils dire que la classe politique est définitivement en panne ? Pour le moment, l?argument des vacances peut, durant ce mois d?août, être avancé pour expliquer le reflux accusé par le pays. Cette période sera, espère-t-on, mise à profit par les partis pour pallier leurs insuffisances. La rentrée sociale prochaine devrait, en ce sens, permettre de dresser un juste diagnostic de la situation. Pour assurer leur pérennité, les partis au pouvoir ont déjà pris leurs devants en créant « l?Alliance présidentielle ». Quant à l?opposition, on verra comment a été assimilée - ou pas - la leçon du 8 avril.




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