Alger - Revue de Presse


La voie rapide de l?injustice

Malgré les trémies, tout le monde le sait, les embouteillages sont devenus monstrueux dans et aux abords de la capitale. De Chéraga à Alger-Centre, il faut compter deux bonnes heures à la période de pointe en prenant l?autoroute de l?Ouest. Quotidiennement et patiemment, les Algériens qui n?ont pas d?hélicoptères s?embouteillent sur l?autoroute, roulant à 10 à l?heure, pare-choc contre pare-choc, maudissant les routes, les voitures et ceux qui les font. Pourtant, tout le monde n?est pas aussi malheureux. La voie jaune réservée aux secours est fréquemment empruntée par des voitures. Mais pas n?importe quelles voitures, des officielles ou assimilées, tant la frontière entre les deux est floue. Si vous vous avisez à prendre cette voie fluide, les motards qui y sont déployés vous arrêteront immédiatement pour vous demander un laisser-passer en vous confisquant les papiers de votre voiture si vous n?avez pas ce précieux document. Il s?avère en fait que ces privilégiés de la république qui passent là où personne ne passe, là où tout le monde trépasse, habitent Club des pins et ont de droit cet introuvable laisser-passer d?autoroute. On connaissait à peu près tous les passe-droits de la république des amis, mais aujourd?hui, des passe-droits pour emprunter la voie réservée aux ambulances et aux services de la Protection civile est une nouvelle injustice à ajouter. D?autant qu?on ne sait pas vraiment qui est le plus pressé : l?officiel ou l?ami de l?officiel qui se rend à Alger acheter de la faïence pour sa deuxième salle de bains ou le travailleur qui doit se rendre à son bureau, le médecin à son hôpital, la mère de famille pour accompagner son fils à l?école. L?injustice prend les voies rapides. Ils ont accaparé Club des pins en l?aménageant pour eux. Maintenant ils accaparent l?autoroute en y aménageant une voie pour s?y rendre. Logique.
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