“LA RÉVOLUTION DU SOURIRE”, DES ÉDITIONS FRANTZ-FANON Ou la fable d’une renaissance



“LA RÉVOLUTION DU SOURIRE”, DES ÉDITIONS FRANTZ-FANON Ou la fable d’une renaissance
Les écrivains et poètes réunis autour de cet ouvrage, à l’instar de Mohamed Kacimi, Salah Guemriche, Saïd Oussad, Mohamed-Anis Saïdoun ou encore El-Mahdi Acherchour n’ont pas uniquement saisi “des fictions, des odyssées,des témoignages inspirés par la révolution en cours, mais un geste d’amour incommensurable pour l’Algérie”.

Les plumes de plusieurs écrivains, journalistes et poètes se sont réunies dans ce premier livre dédié à la révolution populaire du 22 février, et qui a mis un terme aux vingt ans de règne de Bouteflika. L’avenir d’un pays qui s’écrit de la plus belle des manières : pacifique, égalitaire mais néanmoins déterminée à en découdre avec plusieurs décennies d’avilissement et d’autoritarisme, c’est de cette manière que l’ouvrage La révolution du sourire, veut rendre compte du jour où l’Histoire de notre pays a basculé. “La révolution du sourire est un livre polyphonique qui soutient avec force un dessein, celui de l’invention d’une nouvelle démocratie, sans toutefois mettre sous le tapis les questions embarrassantes”, note l’écrivain Kamel Bencheikh dans la quatrième de couverture.
Pour lui, Mohamed Kacimi, Salah Guemriche, Saïd Oussad, Mohamed-Anis Saïdoun ou encore El-Mahdi Acherchour n’ont pas uniquement saisi “des fictions, des odyssées, des témoignages inspirés par la révolution en cours, mais un geste d’amour incommensurable pour l’Algérie. C’est dire à quel point raconter son pays est crucial pour ces écrivains qui expriment l’utopie, le rêve, le fantasme, la soif de l’Algérie enfin habitable par tous ses enfants”.Tour à tour et au travers de récits allégoriques pour certains, retraçant l’historique journée du 22 février pour d’autres, ou dans la peau d’un Bouteflika hospitalisé à Genève, chacun de ceux qui ont contribué à l’élaboration de cet ouvrage “véhicule à sa manière, un message d’espoir”. Kamel Bencheilk et Amina Mekahli se sont penchés pour leur part sur le caractère pacifique des manifestions, qui entament d’ailleurs leur sixième mois d’existence. “Selmiya”, l’un des slogans phare des “marcheurs”, entonné à tue-tête dans toutes les rues d’Algérie prend vie chez les deux auteurs, au milieu, pourtant, d’un environnement qui ne laissait guère présager son avènement. El Mahdi Acherchour, pour sa part, rend au Rebelle, Matoub Lounès, dans une prose poétique hommage à son combat précurseur contre le totalitarisme et l’obscurantisme. Pour notre collègue Saïd Oussad, le système devient un gigantesque mur : “Énigmatique, brumeux, cannibale, ogre se nourrissant de chair humaine…Ses serviteurs, incroyablement zélés, étaient sa première ligne de défense. Puis, il y a les maçons et les manœuvres qui, avec exaltation quasi mystique, s’affairaient sous l’œil vigilant d’architectes (…) Ses défenseurs assuraient que s’il venait à tomber le royaume serait envahi.” Après des années de résilience, guettant si le mur allait enfin tomber de lui-même, “le peuple se réveilla (…) ce matin-là il marcha, d’un pas ferme, vers le mur. Comme un seul homme. Il décida d’un coup, de renverser l’histoire corrompue. Ce ne fut pas simple. Le chemin était gardé par les manœuvres entreprenants qui tentèrent de lui barrer la route. En rangs serrés, disciplinés, armés de mots et de fleurs, ni pioches, ni pelles, ou massues, juste de la détermination à regarder au-delà du mur, le peuple cria d’une seule voix : ‘A bas le mur !’”.


Yasmine Azzouz
Ouvrage collectif, La révolution du sourire,
éditions Frantz-Fanon, 198 pages, 2019. 600 DA.




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