Algérie - Andalous


La nouba

La nouba
La Nouba est la succession des pièces vocales et instrumentales suivantes:

La Daïra (tombée en désuétude au moins depuis 1940)

C’est une vocalisation des syllabes "ya! La! Lan ! ", sur un air préétabli sans accompagnement ni des instruments, ni de la percussion. Il en existerait deux dans le répertoire algérois, celle du Tab’ Dhil et celle du Tab’ Ghrib.

Bien que citée dans la littérature et transcrite dans certains ouvrages, la Daïra a disparu avec les dernières chorales spécialisées dans le répertoire religieux et ne se pratique plus à Alger.

La dernière tentative pour la réintroduire dans la pratique (sur la base semble-t-il d'une transcription) a été effectuée avec la troupe de l'association Es Sendoussia d'Alger sous la direction de M. Saoudi Nourredine. Mais cela n'a pas convaincu les musiciens pour autant…

Le Mastakhbar al Çan’a : (quasiment abandonné)

C'est un prélude instrumental dont on a fixé les phrases musicales. Il est exécuté à l'unisson par l'ensemble des musiciens de l’orchestre, sans accompagnement de la percussion. Il permet, avant d’entamer la Nouba, de vérifier l'accord des instruments tout en soulignant les caractéristiques principales du Tab’: formules mélodiques, échelle musicale. On lui donne aussi le nom de " Touchia at Taq’ îda " ( accord des instruments).

En début d’exécution, les instruments interviennent indépendamment les uns des autres pour procéder à une mise au point de l’orchestre. Les dernières mesures sont exécutées en parfait synchronisme, sans fioritures, avec une légère accélération du mouvement qui prépare à l’attaque de la partie suivante de la Nouba.

Nous connaissons les Mastakhbar dans les Tab' Hsin, Raml-al-maya, Moual, Zidane et 'Arak.

Cette phase est quasiment abandonnée à Alger. On la remplace parfois par des fragments de Istikhbar (Voir Nouba des Niqlab).

Une pratique novatrice adoptée par M. Saoudi Noureddine consiste à jouer une petite introduction musicale sur rythme libre où est exposée l'échelle du mode et ses degrés principaux.

La Touchia :

Ouverture instrumentale qui marque le début de la première partie de la Nouba. Elle se joue sur une mesure à deux temps ou à quatre temps, dans un mouvement allegretto ou allegro. Le dernier couplet, plus animé, se termine par une phrase qui expose la signature du Tab’ principal en ralentissant le mouvement de façon bien marquée.

Les Touchiates connues à Alger sont dans les Tubu’ : Ghribt-al-hsin, Ramal, Raml-al-maya, Zidane, Sika et Maya.

Pour les Tubu' Dhîl, et plus rarement Rasd-ed-dhîl et Mezmoum on joue actuellement (mais pas systématiquement) les Touchiates du répertoire de Tlemcen.

On joue aussi (depuis les années 1980) en guise d'ouvertures les instrumentaux de type "Bashraf" du répertoire de Constantine (Dhîl, Sika, Zidane, Raml al Maya, Mezmoum, Hsin, …)

Notons tout de même que ces pièces de Tlemcen ou de Constanntine ne possèdent pas de signature du Tab' comme c'est le cas pour les Touchiates du répertoire algérois.

Le Meceddar :

Première phase vocale qui se déroule sur un mouvement assez lent (adagio).

Le Btayhi :

Deuxième phase vocale sur un mouvement légèrement plus rapide que la première (Andante).

Le Derdj :

Troisième phase utilisant un mouvement encore plus rapide (entre Andantino et Allegretto).


Actuellement on se limite à ne jouer qu'un seul Mecceddar, Btayhi, Derdj par séance (Nouba). Mais en théorie, le musicien peut multiplier le nombre des Mecceddar, Btayhi et Derdj.

Par la suite nous écrirons "NOUBA" (en majuscules) pour désigner l’ensemble des morceaux pour un Tab’ donné. Pour désigner une séance musicale nous écrirons toujours "Nouba" (en minuscules). On ne joue jamais l’intégralité des morceaux appartenant à une NOUBA.

Les trois phases vocales de la première partie de la Nouba sont toutes précédées par une petite introduction instrumentale appelée "Krissi ". Ces trois phases n'utilisent, à l’heure actuelle, qu’un seul et même rythme d’accompagnement de la percussion. Un rythme simplifié (dit "Wihda " ou unité) constitué de trois percussions dans le rapport 2/1/1, c'est-à-dire une mesure qu'on pourrait chiffrer à 4/4. Le "Djouâb " (ou réplique instrumentale) qui succède au chant, se joue sur un rythme légèrement plus rapide que celui du chant avec une percussion démultipliée.

Notons enfin que Meceddar, Btayhi, Derdj sont des phases de la Nouba. Ils ne désignent pas des rythmes. Ni des mouvements. En effet, dans chacune de ces phases nous trouvons différentes structures rythmiques dont la répartition -par phase- soulève bien des interrogations sur la classification des morceaux et sur la genèse de la nouba algéroise. (Voir notre Section Aspects techniques).

Dans la pratique algéroise et d’une manière "presque " systématique, on a pris l’habitude de couper la Nouba en intercalant entre ses phases une pièce "étrangère ". Ainsi, dans cette première partie de la Nouba, on intercale un Istikhbar (pièce vocale sans accompagnement de la percussion), soit entre deux Btayhi, soit entre deux Meceddar, soit entre Meceddar et Btayhi, soit, et c’est ce qui se pratique le plus, entre le Btayhi et le Derdj. De la même façon et entre les Niçrafs (morceaux de la deuxième partie de la Nouba) viendra s'intercaler parfois une Dlidla ou un Zendani (des pièces du répertoire populaire).

La Touchiat-al-Niçrafâtes : (non pratiquée)

Ouverture instrumentale qui annonçait le début de "la deuxième partie de la Nouba " avec sa série de Niçraf et le Khlass (finale). Il n'y en a qu'une seule, celle du Tab’ Ghrib, qu’on joue désormais au début de la Nouba. Utilisant le rythme de base du Niçraf, cette ouverture instrumentale était sensée laisser un temps de répit au soliste. Les Krissi des Niçraf seraient-ils des "vestiges" de Touchiates des Niçraf ? Tout porte à le croire mais rien n'est moins sûr. (Voir notre Section Aspects techniques).

Le Niçraf :

Quatrième phase vocale de la Nouba, le Niçraf est précédé par un Krissi. Il utilise, lors du chant, un rythme d’accompagnement spécifique à six percussions. La description et le chiffrage exact de ce rythme est souvent sujet à discussion. Ce qui est sûr c'est que ce rythme, tel qu'il est joué actuellement à Alger, n'est ni un 6/8, ni un 5/8 comme nous pouvons le lire dans la littérature consacrée à la musique algérienne. Chez le groupe Yafil nous avons adopté un chiffrage de 16/16. (Voir notre Section Aspects Techniques)

La partie instrumentale correspondante au Niçraf ou "Djouâb " utilisera le même rythme où chaque percussion est dédoublée, soit douze percussions au total. (Des percussionnistes chevronnés peuvent enrichir ce rythme avec un nombre supplémentaire de percussions)

Le Niçraf est une phase de la Nouba et on peut montrer qu'il existe plusieurs "rythmes Niçraf " dans la Nouba. Jules Rouanet dans ses partitions en a noté trois différents et une autre accentuation le rythme de la Qadria (pièce du répertoire populaire qui utilise un rythme similaire). Cette particularité des Niçraf est d'ailleurs bien connue par les continuateurs, anciens élèves des grands maîtres. On a pris cependant l'habitude de tous les accompagner avec la même accentuation de la percussion.

(Voir Bibliographie et notre Section Aspects Techniques).

Le Khlass :

C'est la cinquième et dernière phase vocale de la Nouba.

Contrairement à toutes les autres parties vocales, le Khlass n'a pas de Krissi. Il débute par un mouvement assez large de type Niçraf puis le rythme "transite " vers un rythme léger et spécifique obtenu en "accélérant" le rythme Niçraf. (Voir Section Aspects Techniques)

Le Khlass s'achève par une phrase sans accompagnement de la percussion qui rappelle un peu l'Istikhbar ou la fin de la Touchia et qui signe une dernière fois le Tab’.

La tradition veut qu'on ne joue qu'un seul Khlass dans une Nouba séance.


La Nouba dans la pratique courante.

La nouba se déroule " théoriquement " dans un seul "Tab’ ". Nous disons théoriquement car les pièces de la Nouba classées dans un Tab’ donné peuvent contenir des passages écrits dans d’autres Tubû’. Par contre, le respect du rythme est de mise. Chaque pièce s'exécute, à de rares exceptions, sur un même rythme d’accompagnement et un même mouvement.

Mais comme le veut la "récente " tradition algéroise, il arrive qu’on remplace une phase, soit qu’elle manque dans la NOUBA, soit pour varier le programme, par une autre appartenant à un Tab’ voisin (une autre NOUBA).

Outre les dérogations que nous avons déjà citées dans les sections précédentes, on peut dans la pratique courante de la Nouba en rencontrer d'autres :

A/. Pour l’ouverture de type Touchia on peut substituer, en restant dans le même Tab’ ou dans un Tab’ apparenté, soit un Niqlab (Voir la partie qui lui est consacrée), soit une ouverture de la Nouba des Niqlab (Tchambar), soit une Touchia de Tlemcen, soit un Bashraf de Constantine. (Certains ensembles ont même "poussé" jusqu'à jouer des ouvertures de la Ala marocaine !). Cette pratique de substitution peut s’appliquer à toutes les NOUBA y compris à celles qui possèdent une Touchia.

Nous assistons même à l'aberration (que personne ne dénonce) qui consiste à cumuler Niqlab et Touchia de "substitution" avant de jouer le Meçaddar.

B/. Pour les trois premières phases vocales de la Nouba et pour le Khlass la tendance est de plus en plus à la "vitesse". On ne respecte plus les indications de tempo en ce qui concerne la progression rythmique des différentes phases, on recherche trop la virtuosité instrumentale ce qui tend à uniformiser l’exécution, on ne chante plus l’intégralité des couplets d'un morceau… et certaines troupes (certains Maîtres aussi) vont jusqu’à sacrifier une phase vocale de la Nouba lors des représentations publiques ou lors des enregistrements (soit le Meçaddar, soit le Btayhi, rarement le Derdj pour – nous citons- "ne pas lasser le public")

C/. La multiplication des Khlass à la fin de la Nouba.

D/. L'ajout d'une Qadria (pièce du répertoire apparenté) après le Khlass.

E/. L'adoption de la Touchiat El Kamel de la tradition de Tlemcen; une pièce instrumentale qu'on joue à la fin de la Nouba.


Certaines troupes osent régulièrement des "innovations" par rapport au schéma "classique" de la Nouba. Et nous ne sommes pas au bout de nos surprises.

La Nouba " Mezdj " ou jumelée.

Il existe une façon de grouper deux NOUBA (deux Tubû’) pour en extraire une Nouba séance appelée " Mezdj ".

On pourra ainsi grouper dans un même programme un premier et un second Tab’ (l’ordre a une grande importance) de la façon suivante: (cinq Mezdj possibles)

1. (Dhîl et Mjenba);

2. (Raml-Al-Maya et Raml);

3. (Ghrib et Zidane);

4. (Rasd et Mezmoum);

5. (Maya et Rasd-ed-dhîl).

(Les NOUBA Hsin et Sika ne participent à aucun jumelage.)



Le " Mezdj " obéit à quatre règles.

a/ L’ouverture instrumentale et le premier Meçeddar sont dans le même Tab’(le premier du Mezdj).

b/ Le dernier Derdj et le premier Niçraf sont dans le même Tab’(soit 1 ou 2 suivant le nombre des Bayhi et des Mecceddar)

c/ Le dernier Niçraf et le premier Khlass sont sur le même Tab’ (le second du Mezdj).

d/ Le dernier (le deuxième) Khlass est impérativement sur le mode de l’ouverture (le premier Tab’ du Mezdj).

Après le premier Meçeddar, on alterne les morceaux dans les deux Tubû’ en respectant ces quatre règles.

Pour des raisons liées à la durée de la séance, on ne multiplie plus le nombre des phases identiques dans les deux Tubu' du Mezdj. (nous sommes contraints cependant d'avoir deux Niçraf; un dans chaque Tab' du Mezdj)

Des exemples des différentes phases de la Nouba sont disponibles dans les Sections "Partitions" et "Archives Sonores". Se reporter au menu du Sommaire.


Etat actuel du répertoire de la Nouba à Alger.

Il existe actuellement à Alger douze NOUBA dites "complètes" (mêmes si à certaines il manque une ou plusieurs phases). A côté de ces douze NOUBA, il nous reste certains morceaux qui utilisent des modes différents et qui n'ont pas été classés avec les autres NOUBA. Il s'agit du Tab' Moual qui possède un Istikhbar, des Niqlabs, des Niçrafs et autres airs du répertoire populaire apparenté. Du Tab' Ghribt_Al_Hsin qui possède un Derdj et une Touchia. Du Tab' Jarka qui possède des Niqlabs, deux airs de Niçraf, un Istikhbar et des airs dans le répertoire populaire. Du Tab' Araq qui possède plusieurs airs de Niqlabs, de Niçraf, Istikhbar: Répertorié par Yafil comme possédant toute une Nouba il se confond actuellement avec la Nouba Hsin.

A ces seize modes viendront s'ajouter des fragments identifiés dans d'autres modes et que nous retrouvons dans le répertoire populaire apparenté et parfois même dans le corpus même de la Nouba. Il s'agit là des modes (ou supposés tels) Maya Faregh, du Saba, de l'Asbein, du Raml el Achiya, du 'Ouchaq…

Les maîtres du genre parlent de vingt-quatre modes mais la richesse du répertoire nous laisse penser que ce nombre de modes est bien plus important…

Signalons que depuis les années 1990, nous assistons à un phénomène nouveau. Régulièrement des pièces sont ajoutées au répertoire des Nouba. Ces pièces non reconnues par les anciens Maîtres, non présentes dans le répertoire des frères Fakhardji, sont souvent des adaptations de pièces étrangères (Maroc, Tlemcen, Constantine) ou carrément des compositions récentes non revendiquées par leurs auteurs et qu'on tente de faire passer pour du "patrimoine".
les prtition des oeuvres andalous sur tout les touchia
hamlaoui med bachir - agent sonelgaz / ex prof de luth a L'IRFM BATNA - batna, Algérie
24/04/2011 - 13952



bnj je cherche une partition de touchia zidane
mansouri med lamine - fonctionnaire - batna, Algérie
31/03/2011 - 13060



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