La mobilisation à l’ouest du pays



La mobilisation à l’ouest du pays
«Algériens, tous frères !» scande la foule à Tlemcen

Evitez-nous la fitna, les Kabyles sont nos frères. Nous sommes tous des Algériens, des frères !» C’est le slogan essentiel, scandé, hier, par des milliers de manifestants déterminés à marcher jusqu’à la prise en considération par le pouvoir de leurs revendications. «Nous exigeons le départ du régime et de ses pions et l’instauration d’un Etat de droit.»

Sous un soleil de plomb, les Tlemcéniens ont rappelé qu’ils combattaient pacifiquement pour un «Etat civil et non militaire». Un message transmis sans fioritures au général de corps d’armée, chef d’état-major de l’ANP, indiquant que le «pays doit être gouverné par des civils» et que les militaires n’ont pas à s’occuper de politique. «Le destin de l’Algérie est entre les mains de son brave peuple», ont affirmé les manifestants et d’entonner, dans une ambiance bon enfant «Ya Ben Boulaïd ya chahid, hagrouna les amis de Saïd» (Ben Boulaïd, nous sommes victimes de Saïd). Jubilant sur l’incarcération de plusieurs responsables du pays, pour divers délits, les manifestants semblaient avoir une «préférence» pour Ouyahia en criant «Ouyahia est à El Harrach, ça y est, ils l’ont ramené».

A Tlemcen, la justice semble bouger, enfin, avec l’exhumation de plusieurs dossiers sulfureux qui ont vidé le Trésor public, comme celui de l’événement de 2011 «Tlemcen, capitale de la culture islamique», où l’on parle de la convocation de plusieurs hauts cadres de l’Etat pour jugement… A Maghnia, les mêmes slogans se répétaient avec civisme, comme par télépathie…C. Berriah

«Non à la division, oui à l’unité», clament les manifestants à Mascara

A Mascara, trois faits saillants ont dominé la marche de ce 18e vendredi de manifestation populaire. Le drapeau amazigh était brandi par deux marcheurs tout au long de la marche. «Les manifestants ont répondu, à leur manière, à la décision de Gaïd Salah d’interdire le déploiemenwt d’autres drapeaux que l’emblème national. Aujourd’hui, ils ont dit d’une même voix : non à la fitna, non au racisme, non au régionalisme, les Kabyles sont nos frères», nous dira un sexagénaire militant du hirak. Dès le début de la marche, les manifestants venus des quatre coins de la wilaya, ont appelé avec détermination à sauvegarder l’unité nationale. A ce propos, ils ont scandé, sous les regards des agents en civil des différents services de sécurité déployés en force, «Arabes et Kabyles, khawa khawa», «Arabes, Kabyles, Targui et Chaouis, tous des Algériens» et «Non à la division, l’Algérie est une et indivisible.» En outre, pour la deuxième fois consécutive, le parti FLN était la cible des manifestants en colère. Lorsque la procession arriva devant le siège de la mouhafada de ce parti, les militants du hirak ont crié à haute voix : «FLN hizb elissaba» (FLN parti de la bande), «Djemai votre place est à la poubelle», «Elus dégagez», «Pas de dialogue avec les partis de la bande». Parallèlement, la corruption était aussi à l’ordre du jour, puisque des citoyens brandissant des banderoles réclament l’ouverture d’enquêtes sur les différents dossiers liés à ce fléau. «L’ouverture des enquêtes judiciaires sur les affaires de détournement de deniers publics est une revendication populaire», lit-on sur une des banderoles brandies par les jeunes militants du hirak. Des haltes ont été, en outre, observées devant les sièges de l’APW, de la wilaya et de la cour de justice avant que les marcheurs se réunissent à la place Emir Abdelkader, où on a procédé à la lecture du communiqué du hirak, dont le contenu est axé sur les revendications essentielles du mouvement populaire. Ce vendredi était une journée de hirak bien remplie.Souag Abdelouahab

Un vendredi des grands jours à Témouchent


La démobilisation n’a pas eu lieu à Témouchent. Bien au contraire, le discours du général de corps d’armée a provoqué l’inverse. Les slogans l’ont particulièrement ciblé : «Goulou lal Gaïd Salah, Lakbaïli djazaïri», «Khawa/khawa, Tergui/khawa, Chaoui/khawa, Kbaïli/Khawa, Arbi/khawa». Autre fait notable, une dame portant l’emblème national et celui amazigh, un drapeau qui a disparu à Témouchent depuis plusieurs vendredis, s’est fait arrêter par la police. C’est la première fois qu’elle participe à une marche, selon ses dires, en réponse au discours du vice-ministre. Contre les invectives d’un retraité de l’ANP puis d’un islamiste, les manifestants l’ont protégée et défendue. C’est lorsqu’elle a quitté la marche pour rentrer chez elle, qu’elle a été appréhendée par des policières en civil, embarquée dans un fourgon mais sans violence. M. Kali

Mobilisation intacte à Mostaganem

Comme à l’accoutumée, ce vendredi, à partir de 14h, dans un climat apaisé, des milliers de manifestants se sont donné rendez-vous au centre-ville pour réclamer «une démocratie et un Etat de droit». Le hirak ne faiblit pas à Mostaganem. Des milliers de citoyens ont manifesté hier, comme depuis la date inaugurale de l’événement. Ces foules innombrables, constituées de jeunes et moins jeunes de plusieurs communes de la wilaya de Mostaganem, ont envahi avec une détermination les différents boulevards de la ville. Ils réclament un Etat de droit et de liberté et le démantèlement de tout le système sous les cris de «Châab djeich, Khaoua khaoua». «Silmya, silmya», «Vous avez pillé le pays. La prison pour ces bandes de voleurs» continuent d’être scandés. Le drapeau amazigh a été brandi à côté de l’emblème national. D’autres nouvelles formules écrites sur des banderoles et autres pancartes, hostiles à certains députés et hommes d’affaires corrompus à Mostaganem, ont fait leur apparition lors de ce 18e vendredi. «Ils doivent rendre des comptes. On demande l’ouverture d’une enquête.» Les éléments de la police présents ont affiché un calme olympien , accompagnant le déplacement des marcheurs sur les différents boulevards. D’autres marches ont également été enregistrées dans plusieurs communes de la wilaya de Mostaganem. Lakhdar Hagani

«Pour un Etat civil» à Chlef

Ce n’est plus la marée humaine qui envahissait les rues de la ville de Chlef lors des premiers mois du hirak, mais c’est une marche symbolique qui a lieu depuis le Ramadhan pour les mêmes revendications politiques. Pour certains manifestants interrogés à ce propos, cette faible affluence ne peut être attribuée qu’à la «forte chaleur qui sévit à Chlef et au manque de moyens de transport dans l’après-midi du vendredi». Toujours est-il que les personnes, qui ont battu le pavé hier par une température supérieure à 38°C, ont tenu à réitérer leur demande relative au départ de Bensalah, Bedoui et leur gouvernement. Elles ont réclamé, une nouvelle fois, l’application des articles 7 et 8 de la Constitution qui stipulent que «le peuple est la source de tout pouvoir…» et que « le pouvoir constituant appartient au peuple… Celui-ci exerce sa souveraineté par l’intermédiaire des institutions qu’il se donne…».

Les manifestants ont, en outre, renouvelé leur appel «à un pouvoir civil et à l’instauration d’un Etat démocratique où l’alternance au pouvoir, les libertés et les droits de l’homme sont respectés». A. Yechkour

Les marcheurs renvoient l’image d’un peuple uni dans sa diversité à Tiaret

Vendredi 21 juin 2019 a été non seulement le jour le plus long de l’année, mais aussi celui d’une marche la plus crainte de par les retombées que certains redoutaient au lendemain du discours d’AGS à propos du drapeau. Et pour cause, l’étendard de la berbérité a non seulement exacerbé le rejet du système, mais a soudé encore plus le peuple dans sa diversité. Parmi les nombreux emblèmes portés tout au long des boulevards de la ville par les hommes et les femmes, flottait celui que le chef d’état-major voudrait en faire le sujet de discorde. L’effet inverse s’est produit et c’est tant mieux pour l’unité de ce peuple que certains voudraient voir voler en éclats. Le rejet de la sévère mise en garde d’Ahmed Gaïd Salah aura été presque unanime, si l’on excepte les velléités qu’ont certains policiers à vouloir arracher cet emblème que portaient des jeunes. A chaque tentative la foule s’interposait. Au-delà de la guéguerre que les Algériens ont su éviter avec doigté et sagesse, cette 18e édition aura été non seulement importante par le nombre, mais forte en messages délivrés au même chef d’état-major : «Article 7, le pouvoir au peuple», «Dawla madania machi askaria», entendre Etat civil non militaire, «Massira hadharia», «Dégagez, dégagez tous !», «Non au pouvoir de la issaba», dans beaucoup d’autres pancartes on y appelait à des procès visant localement les voleurs» ; «Pas de dialogue avec les voleurs !», «Bedoui, Bensalah, dégagez !», non sans omettre le FLN qui a eu son lot de diatribes. A signaler qu’après la marche, certains ont fait la prière du mort en hommage à Mohamed Morsi pour dire, clame un jeune, «notre rejet de la junte militaire en Egypte». Amellal Fawzi




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