Algérie



La communauté universitaire veut inscrire la mobilisation dans la durée



Ils étaient des dizaines ? entre 150 et 200 selon les organisateurs ? à battre le pavé, hier, dans les rues de Béjaïa. En dépit de l'absence des étudiants, en vacances, les enseignants et les ATS de l'université de Béjaïa, rejoints par des militants politiques, des syndicalistes, des animateurs associatifs et des citoyens lambda, continuent à se mobiliser et à inscrire dans la durée leur mobilisation en attendant la rentrée sociale, qui marquera le retour des étudiants, devenus le fer de lance de ce mouvement du 22 février.Les manifestants ont entamé leur marche depuis le campus universitaire de Targa Ouzemour en passant Amriou, le rond-point de la cité CNS, rebaptisé rue Matoub-Lounès, le siège de la wilaya, avant de se diriger vers la place de la Liberté d'expression Saïd-Mekbel, pour y tenir un rassemblement. Marche et rassemblement auxquels a pris part Hadj Brahim Aouf, ex-codétenu du militant Kamal-Eddine Fekhar, décédé le 28 mai dernier en prison. Invité à prendre la parole, le militant et syndicaliste de la wilaya de Ghardaïa, qui avait observé une grève de la faim avec Kamal-Eddine Fekhar, a déploré le fait que toutes les demandes pour ouvrir une enquête sur la mort de son ami sont restées sans suite.
"Aussi, je souhaiterais que les Algériens qui sortent chaque vendredi à travers tout le territoire national exigent l'ouverture d'une enquête pour déterminer les circonstances exactes ayant mené au décès de Djamal-Eddine Fekhar", a-t-il appelé de ses v?ux. Occasion pour la foule de crier : "Pouvoir assassin !", "Pouvoir criminel !".Et durant tout l'itinéraire, les manifestants ont scandé : "Dawla el-kanun, machi be tilifoune" (Nous voulons instaurer un Etat de droit, non un semblant d'Etat qui ne fonctionne que par téléphone) ; "Djazaïr hourra democratia" (Algérie libre et démocratique).
Mais le message qui est revenu avec insistance dans la bouche des enseignants, des ATS de l'université et des militants sociopolitiques est : "Karim Younès, chiyat des généraux." Ils ont scandé aussi : "Chiat e'rangers" (Karim Younès, au service des généraux). Concernant la guerre que se livrent présentement sur internet Khaled Nezzar, ancien ministre de la Défense, et Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major et vice-ministre de la Défense, les manifestants les ont mis dans le même sac car tous deux sont jugés responsables de la situation que vit le pays et hostiles au mouvement révolutionnaire en cours.

M. OUYOUGOUTE




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