Alger - Revue de Presse


LA CA BANK DANS L?OEIL DU CYCLONE



Rayan insurance gagne son procès Une commission de contrôle de la Banque d?Algérie est en train de passer au peigne fin la gestion des comptes de la Compagnie algérienne de banque (CA Bank), dont le premier responsable est l?un des associés les plus importants d?Ahmed Mouffok, cet homme d?affaires qui a pris la fuite en accaparant un pactole de 5 milliards de dinars grâce à des traites non honorées. Les documents en notre possession prouvent que le premier responsable de CA Bank, Omar Dechmi, après avoir nié tout lien avec Mouffok, est actionnaire avec ce dernier dans au moins trois sociétés. La Sarl China Algerian International Commerce, la Sarl China Algerian Construction et la Sarl Prodemof (spécialisée dans la promotion immobilière), dissoute le 29 septembre 2003, en présence du neveu de Mouffok auquel ce dernier a signé une procuration (le 2 septembre 2003), quelques jours seulement avant qu?il ne prenne la fuite vers l?étranger. Dans le milieu financier algérois, les noms de Mouffok et de Dechmi sont indissociables. L?un utilise l?autre pour arracher des conventions de crédit ou de couverture de crédit auprès des banques et assurances. Le procédé utilisé est toujours le même. Dans le cas de l?affaire dite Promoal, une Eurl appartenant à Mouffok, spécialisée dans la promotion immobilière et domiciliée à la CA Bank, est très révélateur. Jugeons-en. Le patron de la CA Bank signe avec Ahmed Mouffok une convention de crédit de 180 millions de dinars pour un projet d?investissement au profit de Promoal. Une fois la convention signée, les deux responsables sollicitent la société privée Gam Assurance, pour une convention de couverture du crédit pour une période de 18 mois. Une fois celle-ci signée, le 27 janvier 2003, et sans que des garanties suffisantes soient exigées, Mouffok a retiré deux chèques guichets d?un montant total de 90 millions de dinars, puis le lendemain, trois autres d?un total de 90 millions de dinars, soit en 24 heures 180 millions de dinars. « Pour nous, il s?agissait d?une convention ordinaire, sauf que le montant débloqué n?a pas été utilisé pour financer un projet d?investissement. Il a été retiré pour aller dans les comptes de la société Espace de la voiture dont Mouffok est actionnaire majoritaire. Une décision qui ne pouvait se faire sans que la banque avec laquelle il a souscrit au crédit, à savoir la CA Bank, soit au courant... », a déclaré le premier responsable de Gam Assurance, qui a signalé avoir déposé plainte contre Ahmed Mouffok et la CA Bank (à noter que celle-ci persiste à réclamer à Gam Assurance une somme de plus de 181 millions de dinars, représentant ce qu?elle a appelé le montant des traites non honorées de cinq entreprises appartenant à Ahmed Mouffok : Mobil Phone, Promoal, Gaida Impex, Mofsteel et Galipharm). Cette pratique a été utilisée par la CA Bank lors du conflit qui l?opposait à la Rayan Insurance, relatif au non-paiement de 11 traites (qu?elle a avalisées) d?un montant de 548 millions de dinars, établies par quatre sociétés au profit de 2 sociétés d?Ahmed Mouffok. Ces traites ont été présentées à l?escompte par les sociétés d?Ahmed Mouffok, auprès de la CA Bank. La Rayan Insurance a déposé plainte contre cette dernière, estimant qu?il « y a eu complaisance » dans l?obtention de ces traites de la part d?un de ses anciens directeurs actuellement en fuite et de la CA Bank. Cette société d?assurance a gagné son procès contre Omar Dechmi et a réussi à obtenir une saisie arrêt sur les comptes de la CA Bank. Des Golf en guise de cadeaux à des responsables Sur la question des 180 millions de dinars appartenant à Ahmed Mouffok et à la CA Bank, il est important de relever que ce montant n?a pas été versé dans les comptes de Promoal, tel que prévu par la convention signée, non seulement avec la CA Bank dans le cadre de l?obtention du crédit, mais également avec Gam Assurance dans le cadre de la couverture du même crédit. Ahmed Mouffok les a utilisés pour combler le trou financier apparu dans les comptes de la société Espace de la voiture, concessionnaire de la marque allemande Volkswagen, dans laquelle il détient la majorité des actions (51 %). Après expertise comptable, son associé s?est rendu compte que quelque 300 ordres de versement pour l?achat de véhicules, déposés par des particuliers, n?ont pas été versés dans les comptes de Espace de la voiture, alors qu?une vingtaine de voitures ont été offertes gracieusement par Ahmed Mouffok à de nombreux hauts responsables de l?Etat et à des responsables de banques privées, dont le patron de la CA Bank. « Lorsque je l?ai menacé de saisir la justice, il a promis de restituer le montant. Le lendemain, il a mis la somme dans le compte de l?entreprise. D?où l?a-t-il ramenée ? Je ne sais pas. Pour moi, cela reste une véritable énigme. J?ai découvert qu?il offrait des voitures en guise de cadeau sans qu?il m?informe. A la CA Bank par exemple, il a offert au moins 8 véhicules. Il est vrai qu?il était mon associé majoritaire, mais le statut de la société ne lui permettait pas de signer seul. Aujourd?hui, avec tous les problèmes qu?il a laissés derrière lui, j?ai fini par dissoudre l?entreprise Espace de la voiture », a déclaré l?ex-associé d?Ahmed Mouffok, M. Oulmi. Concernant les crédits véhicule accordés aux clients d?Espace de la voiture, ce dernier a déclaré que « le traitement de ces dossiers se faisait entre le bénéficiaire et la banque sans que la société intervienne. Néanmoins, ce problème est posé d?une manière générale, parce que les clients ne connaissent pas leurs droits et ne prennent pas la peine de vérifier le contenu des contrats. » Des clients de cette banque ont affirmé avoir signé des conventions qui prévoient 7020 DA de frais de gestion du dossier, mais la banque prélevait une somme de 16 000 DA, soit une différence de 8980 DA, qu?il faudra multiplier par 2500, le nombre de véhicules vendus par Espace de la voiture, dans le cadre de la formule crédit. Contacté pour avoir son avis, le directeur général de la CA Bank a refusé de nous accorder un entretien. Nos maintes sollicitations durant plus d?une dizaine de jours se sont avérées infructueuses. Il y a une semaine, nous avons envoyé au premier responsable de cette banque privée toutes les questions par fax. A ce jour, aucune réponse ne nous a été adressée.




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