Oran - Revue de Presse


L?excès



Une quarantaine de députés de l?UMP, parti au pouvoir en France, s?indignent,dans une pétition, contre la participation du président de la République algérienne aux festivités du 15 août prochain commémorant le 60e anniversaire du débarquement en Provence. Le chef de la diplomatie française, Michel Barnier, a été le destinataire de cette protestation qui se fonde en fait sur la question francofrançaise des harkis à laquelle se raccrochent les quarante élus de droite pour tenter de réécrire l?Histoire.On ne comprend en effet pas que ces députés protestataires n?aient pas saisi la belle occasion que leur offrait la célébration du débarquement en Provence pour rendre hommage à la mémoire des milliers d?Algériens qui sont morts pour la France durant les deux Guerres mondiales que ce pays a connues. Et ce n?était pas les leurs. L?indignation des quarante députés de l?UMP est d?autant plus sélective qu?ils se trompent de cible. Ce sont sans doute le Président français et ceux qui l?ont précédé qui auraient dû faire l?objet de leur vindicte, car ils ont été en charge du traitement de la question harkie qui est un problème interne de la collectivité française, sur lequel les Algériens n?ont pas d?emprise et qui ne les concerne pas depuis l?accession du pays à sa souveraineté nationale. Que n?ont-ils plutôt protesté contre la présence du président Chirac aux cérémonies célébrant le 60e anniversaire du débarquement en Provence, leur démarche est aussi incongrue et fallacieuse, et pour tout dire insensée, que si des députés algériens s?étaient élevés contre une visite officielle du chef de l?Etat français en Algérie sous le prétexte que M.Chirac n?a pas réhabilité les collaborateurs de l?armée d?occupation nazie en France. Si les quarante députés de l?UMP, et avec eux Alain Madelin, qui connaît l?Algérie pour y être venu plutôt deux fois qu?une, avaient la mesure du sens de l?Histoire, ils se seraient bien gardé de signer leur pétition ou bien ils auraient demandé à Michel Barnier que plus aucun Algérien ne foule le sol français, ce qui aurait été plus en adéquation avec les relents de nostalgie qui sourdent de leur protestation. A travers le Président algérien, c?est en réalité la nation algérienne toute entière qui est visée par ces pétitionnaires qui feignent de ne pas se souvenir que le pays est indépendant depuis 42 ans et que la France et l?Algérie écrivent, ensemble, d?autres pages de relations entre nations libres. Face à un aussi vaste enjeu, les récriminations intempestives de nostalgiques hargneux sont autant d?excès insignifiants qui ne disqualifient que leurs auteurs.




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